‹ Œuvres dramatiques de Schiller. Traduction de M. de Barante, précédée d'une notice biographique et littéraire sur SchillerChapitre 590 sur 637 · LES COMPAGNONS · texte numérisé non relu

LES COMPAGNONS

Silence i écoutons.

LE CRIEUR

Habitans-d'Uri,' vous voyez ce chapeau; il va être placé au haut d'un mât élevé, à l'endroit le plus apparent d'Altdorf. L'intention et la volonté du gouverneur est que ce chapeau soit honoré comme lui-même ; on doit , quand on passera devant, se découvrir la lête et fléchir le genou. Le roi reconnaîtra par là ceux qui lui sont soumis. Ceux qui désobéiront à ce commandement seront punis dans leur personne, et leurs biens seront confisqués.

Le peuple laisse entendre un rire universel; le tambour bat, ils vont plus loin continuer leur publication.

PREMIER COMPAGNON

Quelle idée bizarre a donc le gouverneur? Vouloir nous faire honorer un chapeau ! On n'a jamais rien oui de pareil.

LE TAILLEUR DE PIERRES

Fléchir le genou devant un chapeau ! veut-il donc se jouer d'un peuple brave et respectable?

PREMIER COMPAGNON

Si encore c'était la couronne impériale ; mais c'est le chapeau autrichien tel que je l'ai vu auprès du trône où nous allons prêter hommage.

LE TAILLEUR DE PIERRES

Le chapeau autrichien ! prenons garde. C'est un piège pour nous livrer à l'Autriche.

Page 1