ROMAND
L'artiste est payé par l'honneur : je vous le donne.
Il veut sortir.
FIESQUE
Un peu de patience, Romano. (// se promène d'un pas majestueux, et paraît préoccupé d'une grande pensée; il regarde chacun d'un œil rapide et pénétrant ; enfin il prend le peintre par la main et le conduit devant le tableau.) Approche, peintre. {Avec une extrême fierté.) Tu es bien orgueilleux d'avoir simulé la vie sur une toile inanimée, et d'avoir, à peu de frais, éternisé une grande action. Tu es bien vain de ta poétique chaleur, de ces petites poupées créées p»r ton imagination, et qui n'ont ni moelle dans Its
LA CONJURATIOrs DE FIESQUE
os, ni cœur dans la poitrine, ni force, ni âme pour agir. Sur ta toile tu renverses les tyrans... et loi-même tu n'es qu'un misérable esclave! D'un coup de pinceau lu affranchis les républiques... et tu ne peux briser ta propre chaîne! [D'un ton impérieux.) Ton art est une jonglerie. L'api)arence cède à la réalité... [Avec grandeur, et renversant le tableau.) J'ai fait ce que tu n'as su que peindre.
Tous sont interdits. Romane reprend son tableau, et sort précipitamment.
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