SCÈNE IV
LE MAURE, hors d'haleine, FIESQUE.
FIESQUE
Pourquoi si essoufflé ?
LE MAURE
Vite, monseigneur.
FIESQUE
Quoi de nouveau dans nos filets
LE MAURE
Lisez cette lettre. — Suis-je en effet ici? Je crois, en vérité, que Gênes a douze rues de moins, ou que mes jambes se sont allongées. — Vous palissez : il est dans leur jeu d'écarter les figures, et vous avez la préférence. Comment trouvez-vous cela?
FIESQUE, fort ému, jette la lettre sur la table-
Par tous les diables ! comment as-tu eu celte lettre?
A peu près comme... vous aurez la république. Un exprès devait la porter dans la Rivière du Levant; j'ai eu vent de l'affaire; j'ai attendu le camarade dans un chemin creux : paf, voilà le renard à bas, et j'emporte le poulet.
FIESQUE
Que son sang retombe sur toi ! cette lettre ne peut se payer avec de l'or.
LE MAURE
Ah! je me contenterai d'argent. {Sérieusement et avec gravité.) Comte de Lavagna, j'ai eu der-i nièrement fantaisie de votre tête; {il lui montr la lettre) cette fois je vous la sauve : maintenant je pense que le grand seigneur et le maraud son quittes. Pour le reste, vous le prendrez comme ul office de bonne amitié. {Il lui donne un seco papier.) Numéro deux.
f lESQUE, étonné, prend le papier.
Es-tu fou ?
LE MAURE
Numéro deux. {Ils'appro' hede lui, et lepouti du coude avec un air de satisfaction.) Le lioi
a-t-il fait une si grande sottise d'épargner le ratl (Malignement.) 11 a été bien avisé; car qui eûl
ensuite rongé les mailles du filet? Eh bien, cela vous plaît-il ?
KIESQUE.
Drôle, combien de diables as-tu à ta solde?
Un seul, pour vous servir., et il fait une chè de prince.
FIESQUK.
La propre signature de Dorial Où as-tu pris, papier?
LA CONJURATION DE FIESQUE