SCÈNE VIIL
Un appartement chez la comtesse Impériali.
JULIE , en négligé; GIANKTTINO entre d'un air troublé.
GIANETTINO
Bonsoir, ma sœur.
JOLIE se lève.
Quelle circonstance extraordinaire peut amener le prince héréditaire de Gênes chez sa sœur?
GIANBTTINO.
Sœur, tu es donc toujours entourée de papillons, et moi de frelons... Peut-on venir ? Asseyons-
JOLIB.
Tu commences à m'impalienter
OIANETTIXO.
Sœur, quand Fiesque t'a-t-il fait sa dernière visite ?
JULIE
Voilà qui est étrange! Comme si je n'avais en tête que de telles misères?
GIAXETTINO.
J'ai besoin de le savoir.
JUME. I
Eh bien. . il est venu hier ici. J
f.lANETTINO.
Et avait-il l'air... ouvert?
JULIE
Comme à l'ordinaire.
GIANETTIXO.
Et avait-il toujours la même fantaisie?
JULIE, offensée. Mon frère!
GIANETTINO, d'unC VOIX plUS foVfC.
Ecoutez-moi : avait-il toujours la même far taisie ?
JULIE, impatientée, se lève.
Pour qui me prenez-vous, mon frère?
GIANETTiN'o, restant assis , et d'un tonrailleui
Pour une créature féminine, revêtue d'u beau, d'un fort beau titre de noblesse. Ceci enlr nous, sœur; personne ne nous entend!
JULIE, vivement.
Entre nous... vous êtes un singe impudent et déraisonnable, qui n'êtes à cheval que sur le crédit de votre oncle... personne ne nous entend.
GIANETTINO
Ma petite sœur, ma petite sœur ! ne soyez pas si mauvaise... Je suis fort content que Fiesqui ait toujours la même fantaisie. Je voulais le savoir. Adieu.
Il veut sortir.
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SCÈiNE IX.
Les Précédées ; LOMELLINO en're.
LOMELLixo , baisant la main de Julie.
Pardon de ma témérité, madame; ( f7 se r«
tourne vers Gianettino) certaines affaires qu
peuvent être différées...
GiANETTixo le prend à part. Julie avec huneu
se met au clavecin, et joue un allegro
Tout est-il prêt pour demain?
LOMELM.VO.
Tout, prince. Mais le courrier qui a été exp« dié ce matin de bonne heure à la Rivière du Le vant n'est pas de retour; ainsi Spinola n'est p« ici... S'il avait été pris! Je suis dans la plt grande inquiétude.
GIANKTTINO.
Ne t'Inquiète pas; la liste est toujours en mains.
LOMELLINO, interdit.
Monseigneur, la liste... je ne sais pas... ell sera restée dans les poches de mon habit d'hi
LA
GIANETTl.NO.
CONJURATION DE FIESQUE
C'est bon. 11 ne manquera que Spinola... FMfS'-ue sera trouvé demain mort dans son lit... J'ai arrangé l'aflaire.
LOMELLLNO.
Cela fera une terrible sensation
r.U.\ETTI.\0.
C'est cela même qui fera notre sécurité, camarade. Des insultes ordinaires ne font que mettre ' ' sang de l'offensé en mouvement et le rendre ipable de tout : un crime inattendu le glace effroi et le réduit à rien. Ne sais-tu point la ible de la tête de Méduse? son aspect pétrifie; ;:iais au contraire , quand on n'agit pas complèement, on excite les pierres elles-mêmes. Eniids-tu, camarade?
LOMELUNO.
lin avez- vous indiqué quelque chose à madame
■ a comtesse?
GUNErriNO.
Fi donc! on doit en agir avec ménagement vis-à-vis d'elle, à cause de Fiesque ; cependant quand elle aura goûté les fruits, elle ne regrettera pas ce qu'ils auront coûté. Viens, j'attends ce soir des troupes de Milan, et il faut que je donne des ordres aux portes. {A Julie.) Eh bien, sœur, as-tu un peu passé ta colère?
JULIB.
MaU voyez donc; vous êtes d'une société trèspolie.
Giauettino veut sortir ; il rencontre Fiesque à la porte.
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