SCÈNE VII
Entrent L'ALGUAZIL et LE GREFFIER.
le greffier. — Tout s'est fort bien passé. l'alguazil. — Fort bien.
lisarda. — Expliquez-vous.
l'alguazil. — Tout est en lieu de sûreté, et il m'a demandé de vous remettre à vous-même deux gages vivants que je lui ai arrachés de force.
lisarda. — Des gages vivants...
l'alguazil. — Par ma foi, de ma vie je ne vis doux si charmants esclaves.
lisarda . — Grand plaisir vous m'avez fait.
l'alguazil. — L'un est une femme.
lisarda. — Une femme marquée?
l'alguazil. — Non, mais on peut la marquer en toute liberté. — Holà! Pedro, Zara, entrez.
(Entrent Felisardo et Celia en costume d'esclaves.)
lisarda. — Charmants! il suffit de les voir.
l'alguazil. — Je les ai pris en gage, persuadé que je vous rendrais un grand service.
lisarda. — Je trouve ces deux Mores si bien que je donnerai quittance à Eliso, et à vous des étrennes pour qu'il consente à les céder.
l'alguazil. — Ce sera peut-être difficile, mais je ne doute pas qu'il n'y consente par considération pour vous et pour moi; s'il consent à les vendre, il sera enchanté de vous faire plaisir.
lisa rda. — Le prix qu'il en demandera, fût-il très-élevé, ne sera jamais au-dessus de leur valeur.
l'alguazil. — J'ai quelque espoir; le ciel vous garde.
lisarda. — Au revoir, j'espère. Considérez cette maison comme la vôtre.
l'alguazil. — Après tout, je ne crois pas que nous soyons obligés d'en venir à vendre nos gages.
lisarda. — C'est aussi mon avis.
l'alguazil. — - Adieu.
(Sortent l'alguazil et le greffier; Lisarda, Belise et Flora demeurent à s'entretenir ensemble.)