Voy. le Tartufe, acte IL se. iv
LE CHIEN DU JARDINIER
pour ma punition le ciel m'accorde de te voir dans les bras de Fabio.
Marcelle. — Veux-tu réparer tes torts?
toéodore. — Que ne ferais-je pas pour toi, et près de toi?
Marcelle. — Dis que toutes les femmes sont laides.
Théodore. — Comparées à toi, certainement. Que demandes-tu encore?
Marcelle. — Je ne suis pas sans jalousie, et puisque tu veux être mon ami... Peu importe que Tristan nous entende....
tristan. — Parlez : dussiez-vous le faire à mes dépens.
Marcelle. — Dis que la comtesse est laide.
Théodore. — Laide comme un démon.
Marcelle. — Qu'elle est bête.
Théodore. — On ne peut davantage.
Marcelle. — Qu'elle est étourdie.
Théodore. — Tout à fait.
Diane, à part, à Anarda. — La conversation pourrait aller trop loin; il vaut mieux que je l'arrête. Je gèle et je brûle à la fois.
anarda. — Ah! madame, gardez-vous-en bien!
tristan. — Quand vous voudrez entendre dire du mal de la comtesse et de sa tournure, c'est à moi qu'il faut s'adresser.
dune, à part. — Faut-il me résigner à tant d'impudence ?
tristan. — Premier point....
diane, à part. — Je ne veux pas attendre le second ; ce serait folie.
(La comtesse quitte la portière avec Anarda. A sa vue, Marcelle fait une révérence et se retire.)
tristan, à part. — La comtesse !
Théodore, à part. — La comtesse !
diane. — Théodore...
Théodore. — Veuillez, madame...
tristan, à part. — L'orage commence, je ne veux pas attendre le tonnerre.
(Il sort.)