‹ Œuvres dramatiquesChapitre 12 sur 290 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

CELIA, FELISARDO, FLORA.

flora. — Allons, Zara, suis-moi. — Toi, Pedro, tu feras connaissance avec l'écurie.

FELISARDO. — Y a-t-il d'autres esclaves? flora. — Non.

felisardo. — Je ne dis pas cela pour ménager ma peine.

flora. — Il y a deux chevaux de voiture pour ma maîtresse, et un cheval de selle pour son fils. Le valet de don Juan en a soin.

felisardo. — Elle a donc un fils ?

flora. — Et des plus galants.

felisardo. — Il est à la promenade ?

flora. — Non, il est au lit. Il fait sa cour, la nuit, à certaine dame, et, d'ailleurs, il n'est pas matinal; midi le trouve ordinairement entre deux draps. Si tu entres dans la maison, lu auras pour maître le frère de notre demoiselle; c'est un ange de douceur : et puis je te régalerai, car vraiment tu y as droit par ta tournure et par tes manières. J'ai les clefs de tout. Bois-tu du vin, dis? aimes-tu le jambon ?

felisardo. — Je crois que oui, puisque je suis né à Madrid, comme je l'ai dit; mais je l'ai un peu oublié, n'ayant pas mangé depuis hier au soir.

flora. — Ah ! quel dîner tu vas faire !

celia. — Si tu as de tels régals en perspective, tu dois, Pedro, des remercîments au ciel.

felisardo. — Écoute, Celia.

celia. Laisse-moi.

felisardo, à part, à Celia. — Je suis à l'épreuve de tout, excepté de ta jalousie.

(Ils sortent.)

LES CAPRICES DE B ELISE

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