‹ Œuvres dramatiquesChapitre 132 sur 290 · DIANE, THÉODORE , MARCELLE, DOROTHÉE, ANARDA, FABIO · texte numérisé non relu

DIANE, THÉODORE , MARCELLE, DOROTHÉE, ANARDA, FABIO

dorothée, à Théodore. — Souffrez que l'on vous baise les mains.

anarda. — Maintenant que vous êtes grand seigneur...

dokothée. — Accordez-nous cette faveur.

Marcelle. — Par la simplicité, les grands seigneurs gagnent les âmes. Ouvrez-nous vos bras.

Diane. — Écartez-vous; faites-moi place : assez de folies comme cela. — Seigneur Théodore, je baise les mains de VotrelSeigneurie.

Théodore. — Laissez-moi tomber à vos pieds; plus que jamais je suis votre esclave.

diane. — Sortez tous. Laissez-nous seuls un moment.

margelle, à Fabio. — Qu'en dis- tu?

fabio. — J'en perds la tête.

dorothée, à part, à Anarda. — Que penses-tu de ceci? anarda. — Que madame ne voudra plus être le chien du ardinier.

dorothée. — Tu crois qu'elle mangera?

anarda. — Parbleu I c'est assez clair.

dorothée. — Eh bien! qu'elle en prenne tout à son aise.

(Elles sortent ainsi que Fabio.)

diane. — On ne part plus pour l'Espagne?

THÉODORE. — Moi?

diane. — Votre Seigneurie ne dit plus : je pars, señora mia, mais mon cœur reste avec vous?

260 LE CHIEN DU JARDINIER

Théodore. — Vous riez de voir ies faveurs de la fortune.

(Il lui baise la main.)

diane. — Que faites-vous?

Théodore. — Traitons-nous d'égal à égal, comme font les grands seigneurs. Ne le sommes-nous pas ?

diane. — Tu me sembles tout autre.

Théodore. — C'est vous, je crois qui êtes changée, et qui regrettez que je sois devenu votre égal. Vous auriez préféré me voir demeurer votre serviteur, car c'est un des caractères de l'amour, d'aimer à sentir sa supériorité.

diane. — Tu te trompes, car tu m'appartiendras aujourd'hui; dès ce soir je te donne ma. main.

Théodore. — Quelle faveur plus précieuse ?... Fortune, épargne-moi.

diane. — Je serai, j'en suis sûre, la plus heureuse des femmes; mais va t'habiller.

Théodore. — Je vais voir ce majorât que je fonde, et ce père queje me trouve avoir, je ne sais comment.

diane. — Adieu donc, comle, mon seigneur.

Théodore. — Adieu, comtesse.

diane. — Dites-moi...

THÉODORE. — Quoi?

diane. — Quoi! — Par exemple ! est-ce ainsi qu'un serviteur répond à sa maîtresse ?

Théodore. — Chacun son tour; c'est moi qui suis le maître maintenant.

diane. — Il ne s'agit plus maintenant d'aller coqueter avec Marcelle, quelque chagrin qu'elle doive éprouver.

Théodore. — Des gens comme nous ne s'abaissent pas à aimer des suivantes.

diane. — Prends-garde à ce que tu dis.

Théodore. — Vous m'offensez. >

diane. — Et moi, que suis-je donc?

Théodore. — Ma femme.

(Il sort.)

dtane, seule. — Je n'ai plus rien à désirer, et comme disait Théodore, épargne-moi, fortune, épargne-moi.

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