‹ Œuvres dramatiquesChapitre 146 sur 290 · LE ROI, LE GRAND MAITRE · texte numérisé non relu

LE ROI, LE GRAND MAITRE

le roi. — Toutes ces victoires, grand maître, ne font que justifier davantage[mon amour.

le grand maître. — ^Cette gloire vous est surtout précieuse, parce qu'elle est un moyen] de justifier votre caprice.

L A la bataille de Clavijo, en 846.

298 LE CERTAIN POUR L'INCERTAIN

le roi. — Jamais par moi ne seront accusés mes yeux, si elle vient à être ma femme.

le grand maître. — Et ce serait injuste, si vous êtes résolu à vous marier en Espagne.

le roi. — Qui possède, grand maître, un plus glorieux blason? Et, si mes aïeux se sont mariés en Espagne, s'ils y ont trouvé des maisons égales en noblesse à la leur, que puis-je redouter ? Qu'a-t-on à me reprocher? qu'ai-je Desoin d'un autre exemple ?

le grand maître. — Ainsi, Juana sera votre femme.

le roi. — Je compte la voir aujourd'hui.

le grand maître. — C'est possible, mais vous serez gêné par la présence du père.

le roi. — Que faire, grand maître ? Je me sens obligé. L' Adelantado mérite cet honneur, et Juana aussi.

le grand maître. — Et moi , suis-je obligé à aimer sa cousine?

le roi. — Oui, si vous en tenez, comme on dit ; sinon, non. .

le grand maître. — Je n'en suis pas encore mort.

le roi. — Alors vous ne devez pas l'aimer à ma considération. Il ne faut pas que l'amour qu'elle inspire diffère du mien. Je prie, je souffre, je persévère, et je jouis de mon propre tourment.

(Ils sortent.)

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