SCÈNE III
Une chambre dans la prison de Ronda.
DON DIEGO, FULGENCIO.
Fulgencio. — La raison est une source de conseils ei de bons avis.
don diego. — Comment prendre conseil de la raison dans les événements soudains ?
Fulgencio. — L'âge avancé de don Bernardo vous rend inexcusable, don Diego.
dondiego. — Je l'avoue, j'ai trop cédé à l'emportement .
1 . Allusion à l'usage de marquer les esclaves, que nous avons vu dan* les Caprices de Btlifc
Fulgencio. — Don Alonso est un brave, un vaillant soldat.
don diego. — Le mal est fait ! je saurai me garder. Fulgencio. — Je veux vous donner un conseil utile à votre sûreté.
don diego. — Lequel '?
Fulgencio. — C'est de quitter l'Espagne, aussitôt que vous serez sorti d'ici.
don diego. — De quitter l'Espagne, Fulgencio?
Fulgencio. — Oui. Il y aurait de la folie à attendre le retour de don Alonso. Il a pour lui le droit en cette circonstance, et vous compterez d'ailleurs peu d'amis. Tout Ronda vous donne tort.
don diego. — Je n'ai pas de chance, je le vois bien... Après tout, j'ai mon excuse... J'étais offensé.
Fulgencio. — C'était, de la pari d'un homme de ce rang, une grande faute que de vous montrer la lettre.
don diego. — Dans les questions d'honneur, qui peut être sûr de se gouverner ?
Fulgencio. — Le temps seul est capable de guérir les choses qui semblent sans remède.