‹ Œuvres dramatiquesChapitre 176 sur 290 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

FULGENCIO, DON DIEGO, moribond.

Fulgencio. — Il me semble avoir entendu un cri. La personne qui est entrée ici (non sans quelques soupçons de ma part) m'a paru être sortie avec plus de précipitation et de trouble que n'en comportent les cas ordinaires d'amour. Mes craintes n'étaient pas vaines. Don Diego!... Ce sang, quel est-il ?

don diego. — Je meurs de la main de doña Maria, la fille de don Bernardo.

Fulgencio. — Holà ! gouverneur ! quelqu'un ! Qu'est-ce que j'attends ? (A part.) Mais ce serait une injustice de la rendre prisonnière. J'attendrai qu'elle ait pu s'échapper. Ce qui est fait est fait.

don diego. — Je meurs justement, quoique par trahison : et justement je suis puni de m'èlre fié à une femme. Cependant ne la laisse pas arrêter.

Fulgencio. — Je pense qu'elle aura pu s'échapper. Mais pourquoi ne voulez-vous pas qu'on l'arrête ?

don diego. — Elle a vengé les cheveux blancs d'un père' honoré. C'est ce que vous pourrez déclarer à don Bernardo... Ajoutez que, en ce qui dépend de moi, je suis son gendre, car sa fille m'a fait son époux, bien qu'elle m'ait

\. Voy. Child-Harold, chant I, st. 54-58 î

Is it for this the Spanish maid, aroused, etc.

360 LA DEMOISELLE SERVANTE

tué au moment où je lui ouvrais mes. bras. Ainsi, je mets au compte de son honneur ce qui pourrait la flétrir.

Fulgencio. — Toute la prison est en rumeur. Il faut que j'essaye de retrouver cette dame.

(Il emporte don Diego.)

Page 1