PEDRO, BERNAL, MARTIN, LORENZO
(La scène est d'abord dans la coulisse, sans indication de lieu.)
pedro. — Va-t-en, te dis-je ; en voilà assez. lorenzo. — Ah ! j'ai la tète fendue ! Martin. — Il a reçu un coup de cruche. bernal. — Te voilà propre, Lorenzo !
lorenzo. — Et je souffrirais cela?
pedro. — Mène le panser, Bernal.
(Ils arrivent sur la scène.)
lorenzo. — Vive Christ'! la demoiselle... Martin. —-Voyons, n'achève pas.
pedro. — Que nul laquais ne s'avise de rester, quand je me trouve quelque part avec cette femme. Martin. — Elle distribue de fameuses tapes. pedro. — Elle a rossé hier deux servantes. bernal, à Lorenzo. — Allons, allons, ce ne sera rien.
(Entrent doña Maria très-animée, Leonor.)
dona maria, à Lorenzo. — A moi, drôle, des jeux de main, à moi? Hors d'ici, te dis-je !
leonor. — Y songes-tu ?
lorenzo. — Et à moi des coups de cruche, Isabelle? Je jure par le fils de la mer !...
dona maria. — Dites-lui d'approcher à cette poule mouillée.
pedro. — Gare au poignard qu'elle a dans son sein i dona maria. — Et un poignard qui a fait ses preuves.
LA DEMOISELLE SERVANTE
Laissez-le venir avec sa barbe au menton, et je lui donnerai dans la panse deux avertissements à la mode de chez nous... Le poignard fera son office.
lorenzo. — Que je la tue !
pedro. — Je suis là pour te payer de ma monnaie.
lorenzo. — Nous réglerons notre compte ensemble ; et cette femme m'appartiendra.
pedro. — Tu mens.
lorenzo. — Est-tu homme à me suivre?...
(Les hommes sortent.)