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A cinq lieues au midi de Tolède, sur la route de Cordoue

42b* AIMER SANS SAVOIR QUI.

de dromadaire, qui allait trottinant, sans allure fixe, à désespérer tous les saints du calendrier.

l'alguazil. — Qu'on arrête cet homme!

citron. — Moi, messieurs, qui ne suis pas tout à fait arrivé?

don juan. — Messieurs, s'il faut absolument prouver mon innocence, et si cet habit de voyage, mes plumes, mes éperons et mes bottes ne suffisent pas, allons à la ville.

citron. — Pourquoi vous inquiéter? Prenez votre mule et allons : il est bien évident que vous arrivez de Séville.

don juan. — J'avais mis pied à terre et tiré mon épée pour les séparer; mais un coup de pointe prévint mes bonnes intentions. L'un des deux cavaliers tombe, et Vautre, je n'en puis douter, se sera emparé de ma mule, et l'aura pressée de manière à me faire imputer la cause de cette mort.

citron. — Que l'on troque un bijou, un cheval, une épée, je le conçois; mais prendre à un homme sa mule, et lui laisser un mort, ce n'est pas la même chose.

l'alguazil. — Assez causé; marchons. On s'expliquera à Tolède.

donjuán. — Comme c'est agréable! Avec la mule il m'a pris ma valise, et, par son fait, je me vois accusé d'avoir tué un homme que je n'avais jamais vu avant qu'il fût mort.

citron, aux alguazils. — Est-ce que moi aussi je suis prisonnier?

le greffier. — Certainement.

citron.- — En ce cas, messieurs, arrêtez aussi nia mule; car, si c'est un crime d'avoir tué un homme, ce crime elle l'a commis, vu qu'elle m'a tout démoli.

(Ils sortent en emportant le cadavre.)

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