‹ Œuvres dramatiquesChapitre 218 sur 290 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

La prison.

DON JUAN, DON LOUIS, avec la croix de chevalier de Saint- Jacques.

don louis. — Je connais l'étendue de mes obligations envers la maison d' Alcalá, et dès qu'on m'a remis votre billet, je suis venu vous voir. J'ai su en gros votre aventure, aussitôt après votre arrestation. Le fait n'est pas

prouvé, et dans tous les cas je n'y crois pas. Mais vous ne devez pas douter que tant que vous serez en prison, je me regarderai moi-même comme prisonnier.

don juan. — Queje baise mille fois le sol que foulent vos pieds.

(Il fléchit le genou.)

don louis. — Relevez-vous, don Juan d'Aguilar.

don juan. — Illustre don Louis de Ribera, je vous invoque à l'égal d'une divinité céleste. Ouvrez à mon humble nacelle, qui a sa voile déchirée, ses rames brisées, le port de votre protection.

don louis. — Quand vous verrez que je vous fais passer la porte de la prison, alors vous pourrez me qualifier de port 1. [Appelant). Alcaide.

(Entre 1' alcaide de la prison.)

l'alcaïde. — Seigneur...

don louis. — Don Juan a-t-il un appartement convenable?

l'alcaïde. — Je lui ai donné ce que nous avons de mieux.

don louis. — Très-bien. Qu'on aille prendre un lit chez moi. Je vais aller parler à mon père pour qu'il nous vienne en aide, car nous sommes tous deux prisonniers.

don juan. — Je veux que ma bouche s'applique encore une fois sur l'empreinte de vos pieds.

don louis. — Je ne serai content que quand vous serez libre.

(Sortent don Louis et l'alcaïde.)

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