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SCÈNE III

Entre JULIO, sans apercevoir les dames.

julio. — Fais place, ô ma pensée, à de nouveaux desseins, puisque tu as ton libre arbitre. Pardonne, si j'oublie mes devoirs envers une personne qui, dans mon cas, agirait de même. La raison naturelle nous porte à éviter le mal et à rechercher notre bien. J'ai porté mes vues sur Diane depuis le jour de son arrivée, non que je sois épris de sa candeur, de sa beauté villageoise, mais parce que je crois à sa droiture naturelle. D'après cela, je regagnerai ce que j'ai perdu, si je m'attache à qui est en possession de la puissance; car, après tout, ce qui importe, c'est que je sois duc d'Urbin.

TEODORA, Julio!...

julio. — Madame ! ce n'est pas en vain que, revêtant des couleurs plus fraîches, les fleurs s'élevaient de vos pieds jusqu'à votre main 1. Le rossignol a coutume d'être l'ambassadeur du printemps, et c'est vous aujourd'hui qui, de fleur en fleur, êtes Philomèle. Le gazon sourit, l'air murmure, le ruisseau pleure, et chante l'amour. Que peut-il m'arriver en ce jour qui ne soit du bonheur?

teodora. — Parfaite sera la félicité, si ton amour répond au mien. J'étais venue ici pour me divertir, et j'ai rencontré Diane qui use du beau langage maintenant.

julio. — - C'est un piège où donnent toujours les sols, pour ajouter au mépris* qu'ils inspirent.

teodora. — Elle commence à se façonner.

julio. — C'est un marbre que la nature a revêtu d'une architecture grossière, — tellement rustique, que Camilo en est à se repentir de l'avoir amenée ici, et que le sénat n'est occupé qu'à revenir sur ce qui a été fait, bien loin de songer à donner à l'État une telle maîtresse.

teodora. — Je dois assister à sa toilette d'aujourd'hui, ce qui m'empêche de rester plus longtemps avec toi.

4. La scène se passe, comme les précédentes, dans les jardins du palais.

LA FAUSSE INGÉNUE

julio. — Je demeure sans ma Teodora, je ne puis dire mieux ni plus.

(Sortent Teodora et Fenisa.)

Je dois feindre de tels sentiments, que me dictent mes nouveaux projets sur Diane. Aussitôt que l'amour l'aura touchée, on verra briller son esprit sur la richesse de son naturel.

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