‹ Œuvres dramatiquesChapitre 276 sur 290 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Entre DIANE.

diane. — A merveille, Teodora ! Qui veut trouver Octave n'a qu'à le chercher où vous êtes, et réciproquement. Mais, sans doute, Octave n'est pas un homme, car. s'il avait cette qualité, vous fuiriez, madame, bien loin de lui. Vos pudiques dédains ne passent guère les paroles, et vous devez être peu leste à la course, puisqu'il vous attrape si souvent.

teodora. — Quand je vous chapitrais, ma chère Diane, vous étiez encore bien ignorante; je craignais que vous ne fussiez abusée. Mais, aujourd'hui que voire esprit a fait des progrès, il n'est plus nécessaire de vous enseigner comment les femmes doivent se défendre des hommes; et puisque vous ne sauriez maintenant être leur dupe, il n'y a pas d'inconvénient à vous entretenir avec eux. Les aimer ou les fuir est désormais votre affaire.

Diane. — Me donner cette licence est une manière de couvrir votre propre délit.

teodora. — En quoi mon honneur est-il intéressé à ce queje m'entretienne ici avec Octave? Le séjour du palais a singulièrement ajouté à votre malice.

Diane. — Depuis que je sais un peu plus, je commence à lire dans votre cœur. (A Alexandre.) Que Votre Seigneurie m'excuse, et qu'elle soit la bienvenue.

Alexandre. — L'homme dont le seul désir est de vous servir, n'a pas, Madame, de plus grand bien à espérer. J'ai passé par votre pays.

Diane. — Quoi ! Vous l'avez visité?...

alexandke. — Oui, j'y ai séjourné quelque temps pour me donner le plaisir de savoir comment vous y aviez été élevée. Votre père d'adoption, le vieil Alcino descendit de la montagne pour me voir; je lui lus votre lettre, et lui remis les six mille ducats. Le bon vieillard mêla ses larmes aux miennes, et guidé par ses conseils, je levai cinq cents hommes dans les bourgs et villages d'alentour. Toute la population masculine s'est levée à l'appel 'de votre nom.

teodora. — Soyez le bienvenu, cher Octave; je veux vous montrer plus de courtoisie que Diane n'en a fait paraître à mon égard.

Diane. — Moi, je me guide d'après vos leçons.

teodoka. — Venez me parler dans un moment, Octave.

(Elle sort,;

LA FAUSSE INGÉNUE

Page 1