‹ Œuvres dramatiquesChapitre 277 sur 290 · DIANE, ALEXANDRE · texte numérisé non relu

DIANE, ALEXANDRE

Alexandre'. — Vrai Dieu, Votre Altesse est terrible. Ne voyez- vous pas que votre esprit se trahit?

dune. — C'est une question de nature, Seigneur Alexandre, ou d'infirmité du caractère féminin : je ne puis pas bien le définir encore.

Alexandre. — Si Teodora vient me parler au moment où je m'emploie à votre service, que voulez-vous que j'y fasse?

diane. — Ne pas accepter l'entretien, comme je le fais moi-même à l'égard de Julio et de Camilo. Est-ce queje réponds aux princes qui me déclarent leurs intentions? Mais, dès aujourd'hui, je prends la résolution de vous laisser à votre peu de sens, et de chercher moi-même mon remède.

(Elle va pour sortir.)

Alexandre. — Un moment...

diane. — Moi!... Dans quel but?

Alexandre. — Veuillez m'entendre.

diane. — Je n'écoute rien.

Alexandre. — Teodora me disait...

diane. — 11 ne fallait pas l'écouter.

ALEXANDRE. — Pourquoi?

diane. — Parce que cela m'offense.

Alexandre. — Et si elle m'a retenu...

diane. — Il fallait fuir.

ALEXANDRE. — Fuir !

diane. — C'était le meilleur parti.

Alexandre. — Et le moyen?...

diane. — Le moyen ? Avec vos pieds,

ALEXANDRE. — VOUS ÔtCS folle.

diane. — Et vous absurde.

Alexandre. — Quelle dureté!

diane. — C'est ((lie j'aime.

Alexandre. — Et moi, j'aime bien davantage.

diane. — Je n'en crois rien.

Alexandre. — Quel mal y a-t-il à cet entretien?

Diane. — Je vous le défends.

Alexandre. — Est-ce digne de vous?

Diane. — Je suis jalouse.

Alexandre. — Vous voulez ma mort?...

diane. — La bonne plaisanterie!

Alexandre. — Ah ! je me fâcherai tout de bon!

diane. — Moi, je me venge.

Alexandre. — Je dirai qui je suis.

diane. — Vous l'avez déjà dit.

Alexandre. — A qui donc?

diane. — A celle que j'abhorre.

Alexandre. — Quelle femme extraordinaire!

diane. — Telle je suis.

(Entre Fabio.)

fabio. — Il est temps queje vienne vous séparer, cœurs intrépides.

diane. — Je ne plaisante jamais, Fabio ; ce qui est fait est fait.

fabio. — Y a-t-il de la Teodora là-dedans? diane. — Je me plains de ses torts à mon égard 1. fabio. — Laissez ! L'arrivée de la jalousie est le signal du départ de l'amour. Pourquoi ètes-vous là à vous regarder? Pourquoi, quand on voudrait s'embrasser, jeter de

pour perdre du temps en jalousies ridicules, quand Urbin est en feu.

Alexandre. — Fabio a raison, Madame. Poursuivons, ou abandonnons le plan que nous avons concerté. L'agitation du peuple ne permet plus de délais.

diane. — La jalousie est toujours aveugle. Tu sais, Fabio, les instructions que je t'ai données. Pars, et qu'au moyen de tes explications, tous mes ennemis se rassurent au sujet des troupes qui sont arrivées.

fabio. — Je le veux bien; mais commencez par faire la paix.

diane. — Je lui pardonne, à condition qu'il va s'occuper des dispositions à prendre pour nos troupes.

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