ALEXANDRE, FABIO
Alexandre. — C'est à peine, Fabio., si je puis ajouter foi à ee que tu raeontes.
fabio. — Rien de plus vrai, pourtant.
Alexandre. — Quelle femme extraordinaire! Que vat-on dire en la voyant dans la réalité de son esprit ?
fabio. — Le cas est tellement rare que très-peu le croiront. A-t-on jamais vu quelqu'un feindre la simplicité d'une façon plus habile?
Alexandre. — Nous en avons plus d'un exemple dans l'histoire, et notamment, dans les Saintes Écritures, le cas de ce roi fameux, victime des persécutions de Saiil 1.
fabio. — Avec quel art elle s'est montrée niaisement rustique, tant que cela a été-nécessaire à ses intérêts!
Alexandre. — Elle se vengera de son offense, à moins qu'elle ne vienne à l'oublier.
fabio. — Certaine dame de moyenne vertu étant un jour à confesse, son confesseur commença par lui demander, selon l'usage, quelle était sa condition, et elle, baissant modestement les yeux, répondit qu'elle était demoiselle. La confession ayant repris son train, la pénitente tinit par s'accuser de certains cas assez déshonnêtes. — Mais, si ma mémoire est bonne, objecta le père, ne m'aviezvous pas dit en commençant que vous étiez demoiselle? — Oui, mon père, répondit-elle sans hésiter, demoiselle d'une dame.
Alexandre. — Je vois où tu veux en venir. C'esl-à-dirc