‹ Œuvres dramatiquesChapitre 31 sur 290 · SCENE xnr · texte numérisé non relu

SCENE xnr

Les mêmes, LISARDA, DON JUAN, TIBERIO.

lisarda. — C'est là le ton que l'on prend avec moi! Ah! par le saint paradis de votre père, je vais vous faire voir la vengeance que j'en tirerai.

tiberio. — Du calme, ma sœur; don Juan est étourdi, mais enfin il est votre fils.

lisarda. — Je le méconnais pour mon fils.

belise. — De quoi s'agit-il, don Juan?

don juan. — De vos imaginations bizarres; car c'est à vous que ma mère impute la faute. * Faire marquer une esclave si belle! Vos caprices ont fini par des cruautés.

belise. — Quel intérêt peux-tu avoir à cela?

don juan. — Quel intérêt? Elle est ma femme.

lisarda. — Oh! Finíame! C'est ta bouche qui profère ainsi la honte de ton sang? '

tiberio. — C'est la colère qui le fait parler. Don Juan n'est pas homme à vouloir déshonorer notre famille.

don juan. — C'est sérieusement que je parle, mon oncle.

tiberio. — Tais-toi, fou.

lisarda. — Non, c'est, bien. Si donjuán est résolu à se marier avec une esclave, je prétends, moi, me marier avec Pedro : la moitié de la fortune m'appartient.

tikeuio. — A merveille : te voilà aussi toquée maintenant: et tu trouverais étranges les folies de ton fils ?

LES CAPRICES DE RELISE

ltsarda» — - La raison est de trop avec des enfants mal appris, sans retenue et désobéissants. Nous allons compter, et que le drôle ne s'imagine pas qu'il va toucher sa légitime entière, car ses dettes, son luxe, ses plaisirs déshonnêtes m'ont coûté en un an plus de cinq, que dis-je? plus de sept mille ducats.

don juan. — Si tu songes à te marier, si tu as résolu de nous livrer à nous-mêmes, tu peux, sans vaines supercheries, l'unir à qui le plaira. Ma sœur et moi nous vivrons réunis avec plus d'honneur que ne nous en fait ta maison.

tiberio. -— Ote-toi de ma vue, insolent, mal appris!... C'est ainsi que tu traites le deuil de ta mère.

don juan. — Je respecte en vous les cheveux blancs de mon père.

(Il sort.)

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