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SCÈNE XIV

Les mêmes. Entre FELISARDO, suivi de CARRILLO et de quatre

LAQUAIS

felisardo. — Est-ce là un traitement? Croyez-vous que je vais le souffrir.

tiberio. — Qu'est-ce? qu'y a-t-il ?

felisardo, à Lisarda. — C'était peu de m'avoir imprimé ces marques, à moi qui ne songeais pas à fuir: vous commandez maintenant de me mettre un carcan et un pêne... un carcan, à moi?

- lisarda. — Ce n'est pas moi qui en ai donné l'ordre. belise. — C'est moi.

felisardo. — Vous? Que pouvez-vous me reprocher:' belise. — Ma mère, l'esclave médite sa fuite. Je le tiens de Zara.

lisarda. — Ah! misérable! Qu'on le mette au carcan! qu'on trouve un carcan!

carrillo. — Nous l'avons justement avec sa baguette et des gens pour nous prêter main-forte.

lisarda. — Passez-le au cou du fugitif.

premier laquais. — Arrive, Sancho. On te dit des plus vaillants.

LiSARDA. — Qu'on le ferre; et nous, partons. felisardo. — Quel bizarre imbroglio.

tiberio. — Je ne trouve pas juste qu'il soit ferré. belise. — Si fait, moi.

(Sortent les deux femmes, accompagnées de Tiberio.)

felisardo, aux laquais. — Avancez, tas de misérables.

carrillo. — Tu voudrais faire résistance, par hasard?

felisardo. — Ce n'est pas l'affront de ce traitement qui m'afflige, c'est d'avoir affaire à des gens de rien comme vous. [Ils échangent force gourrnades ; les laquais finissent par s'emparer de Felisardo, le couchent à terre et passent la baguette dans le carcan.) — Vous êtes trop nombreux, et le pied m'a glissé.

deuxième laquais. — Rends-toi, mécréant, race de Mahomet.

felisardo. — Ciel! quelle terrible vengeance! et de la part d'une femme qui m'adore!

troisième laquais. — Voyons, triple chien, resteras-tu tranquille?

quatrième laquais. — Rive-la bien.

carrillo. — Voilà qui est fait. Je ne crois pas qu'il s'en délivre facilement.

felisardo. — C'est maintenant que je puis dire que mon malheur est arrivé, à son comble.

premier laquais, à Carrillo. — C'est aujourd'hui, tu le sais, le jour de se montrer généreux et libéral.

carrillo. — Que l'on se glisse dans le cabaret voisin. J'apporterai une vingtaine d'olives. Il ne faut pas que l'on jeûne aujourd'hui.

deuxième laquais. — Et moi, je servirai de lanterne.

(Sortent Carrillo et les laquais.)

felisardo, seul. — Cruel amour, me voir traité à ce degré de démence après tant d'embarras, tant de peines! Qu'est-il besoin d'un carcan autour du cou de celui qui jamais ne songea à briser tes fers?

FIN DE LA DEUXIÈME JOURNEE

TROISIÈME JOURNEE

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