‹ Œuvres dramatiquesChapitre 33 sur 290 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ELISO, LIS ARDA.

lisarda. — Modérez votre chagrin, Eliso.

eliso. — Dans quelle guerre l'avez-vous conquis, Lisarda, pour le traiter comme un butin de barbares. Faire river le carcan à un honnête esclave, que tu peux à peine considérer comme tien! Que lui mettras-tu donc d"ici à un mois?

lisarda. — Ma tille est folle, et elle a donné dans cette idée bizarre, craignant qu'il ne prît la fuite. Mais je t'engage à la sermonner.

eliso. — Certes, Lisarda, après la vie qu'il a connue, l'esclave peut se flatter d'être tombé chez un bon maître! Mais tu sauras un jour qui il est.

lisarda. — Je loue ses qualités, et je mets toute la faute au compte de Belise.

eliso. — Peut-on appeler fantaisie de mettre au carcan un homme qui, si tu connaissais sa qualité que t'indiquait, du reste, sa tournure, te pénétrerait de pitié? Va donc, va bien réprimander Belise.

lisarda. — Je lui» ferai toucher du doigt son aberration.

eliso. — Traitez de votre mieux un homme qui le mérite si bien. Un jour viendra que...

lisarda. — Qui donc est-il?

eliso. — Tu sauras alors, je t'en réponds, ce que l'on peut souffrir quand on aime.

lisarda. — Mon trouble est grand, et tes paroles....

ELiso. — N'en demande pas davantage; mais altendstoi à voir bientôt de grands changements.

lisarda, à part. — O amour, si mes soupçons deviennent des réalités, aujourd'hui je découvre mes sentiments < à ce prétendu esclave.

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