C'est le nom de l'hôpital des fous à Tolède
LES CAPRICES DE BELISE
don juan. — Permettez, mon* oncle, je sais ce que je dis.
tiberio. — Alors, comment un homme, dans son bon sens, peut-il tenir de tels propos? Méchant vaurien, tête à l'envers, je ne sais qui me tient que je...
don juan. — Tout beau !
tiberio. — Oui, .que je ne te soufflette au visage, pour y appeler la honte dont tu n'as pas le sentiment. don juan. — Parlez-moi, s'il vous plaît, avec plus de
respect; car, si vous n'étiez pas mon oncle... tiberio. — A moi? des menaces... 1
(Don Juan s'enfuit. )
lis arda . — Laissez-le, je vous prie, car, s'il veut prendre pour femme une esclave, c'est avec un esclave aussi que je prétends me marier.
tiberio. — Que dites- vous?
LisARDA. — Je veux me venger. Il aura ma fortune. Aujourd'hui même jë serai mariée à Pedro. Je suis lasse de supporter les insolences de doil Juan et les bizarreries de Relise.
tiberío. — Vous êtes au moins aussi folle qu'eux. -Mais je puis vous indiquer un remède qui vous permettra de calmer leur ardeur et de leur suggérer la crainte.
LisARDA. — Lequel?
tiberio. — Il y avait dans Madrid un -certain cavalier nommé Felisardo, qui ressemble extrêmement à ton esclave Pedro, tellement que, si avec les mêmëà habits on les mettait l'un à côté de l'autre, je crois que ceux qui les connaissent le mieux àiiraiëhi peine à faire la différence. Puisque la marque de Pedro n'est pas sérieuse, puisqu'on peut ôter la baguette du carcan et la remettre à volonté, fais-lui revêtir en secret de riches habits, è1 dis-lui de se rendre ici. Nous ferons un contrat de mariage simulé, et. par ce moyen, tu feras peur à tes enfants: l'un mettra un frein à ses désirs, et l'autre à ses incroyables caprices.
lisarda. — Le conseil me parait bon: mais on pourra reconnaître Pedro.
tiberio. — Je ne demande pas mieux. Ils pourront
soupçonner ainsi que par quelque arrangement secret tu livres ta fortune à un esclave.
lisarda . — D'accord; mais il importe d'abord d'informer Pedro de tout.
tiberio. — Je vais lui parler.
lisarda. — Allez, Tiberio. (Tiberio sort.) — Ciel! sans savoir comment, j'arrive à trouver un remède à mes maux. Je soupçonne que mon esclave est ce cavalier lui-même. C'est un mariage simulé que l'on prépare avec cette feinte, et moi je me marie pour de bon, car si j'en crois le pressentiment de mon âme, le prétendu Pedro n'est autre que Felisardo.