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SCENE X

Les mêmes; LISARDA, TIBERIO.

lisarda à part, à Tiberio. — Voilà ce que l'on dit. tiberio. — Don Juan est un jeune homme; cela ne m'étonne point.

ltsarda, — Mais Carrillo m'a dit davantage. tiberio. — Quoi donc?

lisarba. — Lui et de jeunes fous, ses amis, auraient formé le dessein d'enlever l'esclave.

flora, à port, à Belise. — Maintenant, madame, il est impossible de lui parler. Il y a trop de témoins.

belise. — Tais-toi ; à toutes les extrémités, Amour connaît un remède.

flora. — Eh bien ! employez ce remède; nous verrons qui s'en repentira.

belise, haut. — Flora...

flora. — Madame...

belise. — Regarde à ces bougies.

felisardo. — Cette folle demande que l'on mouche les bougies.

flora, ¿1 part. — L'amour est un métier de ruses.

(Elle éteint une bougie.)

belise. — Tu l'as donc éteinte?

flora. — C'est en la mouchant de trop près.

belise. — Que tu es maladroite!

flora. — Je ne sais pas y regarder, et je sais éteindre, parce que qui tue n'y regarde pas1. Je vais la rallumer avec l'autre.

belise. — Attends, je vais te montrer comment on s'y prend.

(Elle éteint l'autre bougie.,

1, Ceci s'adresse à Felisardo.

JOURNÉE III, SCÈNE X. 7í<

flora. — Ah! ah! ah! Voilà maintenant l'autre bougie éteinte.

lisarda. — Eh bien? eh bien?...

tiberio. — Nous voilà en pleine obscurité.

lisarda. — Peut-on, en vérité...

flora. — Nous éteignons les bougies à force de vouloir nous en occuper.

lisarda, à part. — Voilà une fameuse occasion pour m'aboucher avec mon esclave.

belise, à part. — Aujourd'hui j'achève de me déclarer; aujourd'hui il connaîtra mes sentiments.

felisardo, à part. — En attendant qu'on rallume les bougies, je vais tâcher de m' approcher de Celia.

celia, à part. — Puisque je n'ai à redouter aucun œil ennemi, je vais rejoindre mon cher bien.

(Ils vont se rapprochant peu à peu, Bèlise de sa mère, Çelia de Flora, Felisardo de Tiberio.)

lisarda, tout bas, à Belise. — Ah! mon bien, voulezvous m'entendre?

belise, de même à Lisarda. — Que peut souhaiter un amour si vrai, sinon que vous 1* écoutiez aussi?

felisardo, tout bas, à Tiberio. — Ah( ma vie, ne t'inquiète pas de ces folles prétentions.

tiberio, de même à Felisardo. — Qu'est-ce que vous venez me dire ?

felisardo. — Gomment? tu pourrais douter?...

tiberio. — Je suis bien d'avis que don Juan fera quelque sottise.

felisardo. — Et moi, je redoute bien davantage celles de Belise.

celia, tout bas, à Flora. — Tu te plais donc, ma vie, à me rendre jalouse?

flora, de même ci Celia. — Plaît-il?

celia. — Gomment? Ne m'entends-tu pas?

flora. — Le quiproquo est plaisant, sur ma foi.

celia. — Ne lui parle pas, si tu m'aimes.

flora. — A qui m'est-il défendu de parler?

belise, à sa mère. — Je n'osais pas me déclarer; mais

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il n'est rien maintenant qui me puisse empêcher de te dire mon sentiment.

lisarda. — Dieu sait ce qu'il m'en a coûté à dissimuler la force de mon tourment.

felisardo , à Tiberio. — Voudrais-tu me donner ta main ?

tiberio. — La main, moi? Pourquoi faire ?

felisabdo. — Point de courroux; il n'y a rien, là dedans, qui puisse te fâcher.

tiberio, haut. — Holà! dos flambeaux! (A part.) Que diable est ceci ? Je ne reconnais pas ta voix., Lisarda, et les discours me confondent.

BELisE, à sa mère. — A quels embarras, mon bien, n'as-tu pas exposé ma modestie! Donne-moi une main.

lisarda. — En voici deux.

felisardo, à Tiberio. — Tu me refuses donc ta main? tiberio. — Holà ! encore une fois, des lumières !

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