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Par sa blancheur

L'EAU FERRÉE DE MADRID

au Prado, tantôt au Soto et pour toi' les montées me paraîtront douces. Et si tu vois sur ma barque mon ennuyeux et trop vigilant pilote, ne t'effraye ni de son habit ni de sa mine dévote. Amène à tes côtés quelque ami ingénieux qui ¡se charge de lui faire la cour; peut-être aurai-je, à ce prix, la permission de te parler. Voilà ce que m'enseigne l'Amour, dont le pouvoir triomphe de mes craintes. L'amour pressé ne souffre pas de retard. Voilà mes remèdes; si tu en connais de meilleurs, dis-les-moi. ta belise.» — A Biselo. Qu'en dis-tu?

msELO. — Elle a autant d'esprit que d'amour, et plus encore de désirs. Le remède est charmant.

lisardo. — Admirable! mais où trouver un médecin qui vienne seconder une passion si légitime?

riselo. — C'est là le point, en effet. Quelle que soit son amitié, nul ne voudra y consentir, encore qu'il soit assuré de l'honnête fin de vos vœux. Le métier de médecin repose surtout sur la confiance.

beltran. — L'Amour a inspiré le remède; il fournira le médecin.

lisardo. — Est-ce que tu déménages?

beltran. — Procurez-moi, s'il vous plaît, un habit de docteur. Je vous réponds de mener à bien cette affaire. Je sais un peu du latin à l'usage des récipés, et ce peu que je sais suffira à lui rendre la santé.

lisardo. — Il faut donc que ta folie vienne mettre son nez partout.

riselo. — Vive Dieut il a raison. L'amour est un champ ouvert aux aventures; ne crains pas de mêler quelque folie à ses enchantements.

lisardo. — Ne vois-tu pas qu'il est loqué? Tl renversera tous mes projets.

riselo. — Pourquoi?

lisardo. — Au beau milieu de la cure, il lâchera quelque sottise qui perdra tout.

beltran. — Moi? Où vit-on jamais valet plus dissimulé?

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