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SCÈNE III

Salon dans la maison de Prudencio.

PRUDENCIO, OTAVIO, en habit de voyage, SALUCIO, portant une malle et un manteau.

prudencio. — Laissez-moi vous embrasser encore une fois comme parent; la première, c'était comme ami.

ota vio. — Une fois et cent fois, seigneur Prudencio; car vous êtes le portrait vivant de mon père.

prudencio. — Et j'espère qu'il se porte bien?

otavio. — A votre service. — Toi, Salucio, porte ma malle à l'auberge.

prudencio. — Comment, h l'auberge? Vous prétendriez faire cette injure à noire maison, Otavio? — Holà! Leonor! N'y a-t-il personne ici?

(Éntre Leonor.)

toi;

L'EAU FERRÉE DE MADRID

leunor. — Qu'ordonnez-vous, monsieur'?

prudencio. — Charge-toi de ces effets, et avertis la petite et sa tante. Dis-leur que son cousin est arrivé.

leonor, à Salucio. — Donnez, l'ami.

salucio. — Celui qui remet à Votre Grâce la malle, lui rendrait aussi bien...

leonor. — Quoi?

salucio. — Tout le chargement.

(Sortent Leonor et Salucio.)

ota vio. — Je trouve votre ville bien belle.

prudencio. — C'est l'abrégé de toutes les merveilles de l'Espagne. Ces larges rues lui donnent un grand air de majesté, et l'air salutaire qui les baigne est à mes yeux préférable à tous les courtisans.

otavio. — Les beaux édifices!

prudencio. — Ils s'achèvent peu à peu.

(Entrent Teodora et Belise.)

teodora. — Seigneur, que je baise vos mains... otavio. — Oh! madame...

prudencio. — Faites fête à votre neveu, Teodora; et toi [à Belise), embrasse ton cousin.

belise. — Soyez le bienvenu.

otavio. — Je vous rends, madame, le même compliment, et je vous prie de me considérer comme votre esclave; rien n'est plus juste.

belise. — Je vous regarde comme mon seigneur.

prudencio. — Je veux qu'un hôte si cher soit honoré dans ma maison pendant plusieurs jours.

otavio. — Si je considère l'intention qui m'y amène, et le gracieux accueil que j'y reçois, je n'ai plus d'inquiétude sur l'issue de la négociation, contrairement à ce dont on m'avait prévenu. On dit, en effet, que ceux qui viennent à Madrid pour affaires qui demanderaient tout au plus un mois, et qui y viennent jeunes et dispos, ou se fixent

!\ . Les rues d 'Alcalá, d'Atocha, de la Montera, de San Gerónimo, la Calle Mayor de lArenal , qui se réunissent au fameux carrefour dit la Puerta del Sol.

dans la capitale, ou rentrent chez eux avec des cheveux blancs.

(Entre Leonor.)

leonor, à Prudencio. — H y a là un médecin qui m'a chargé de vous prévenir qu'il se présente de la part d'une amie de ma maîtresse.

prudencio. — Qu'il soit le bienvenu, dis-lui d'entrer.

(Sort Leonor.)

otavio. — Un médecin? Est-ce qu'il y a des malades dans la maison?

prudencio. — Ce n'est rien; mais cela pourrait, devenir plus grave. Pour avoir eu la fantaisie de manger de l'argile... Belise.

belise, à part. — Bien trouvé, en vérité !

prudencio. — Je soupçonne quelque suppression:

otavio. — Ah! vraiment; c'est bien fâcheux!

prudencio. — Et le moment est venu de s'occuper de sa guérison.

teodora . — Mais ce n'est rien; et, je suis persuadée, moi, qu'il est plus dangereux'de la faire traiter.

belise à Teodora. — Si vous sentiez à chaque pas des douleurs, des défaillances, comme il est probable, ma tante, que vous ne vous plaindriez pas !

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