‹ Œuvres dramatiquesChapitre 6 sur 290 · IL · texte numérisé non relu

IL

LES CAPRICES DE BELISE

felisardo. — Ici tu seras en sûreté et bien cachée. celia. — Mais où vas-tu, toi?

felisardo. — Aux Carmes1.

celia. — Ne me demande pas de rester ici sans toi, plus qu'à demi morte. S'il n'y a pas de danger ici. pourquoi t'éloigner ? et s'il y en a, pourquoi me laisses-tu ?

eliso. — Elle a raison. Fabio, va fermer notre porte, (A Felisardo.) Il y aurait plus de danger à traverser toutes ces rues.

fabio. — J'obéis.

(Il sort.)

eliso. — Gélia demeurera cachée ici, ainsi que toi, jusqu'à ce que tu aies cherché et trouvé quelque remède.

(Rentre Fabio.)

fabio. — Malheur! malheur!

eliso. — Qu'y a-t-il ?

fabio. — J'allais fermer les deux portes de la rue, quand je vois venir la justice. On me crie, et moi, feignant de ne pas entendre, j'ai fermé, pour vous dire la vérité.

eliso. — Que faire ! Ma maison ne possède aucun réduit caché; ni porte ni fenêtre pour faciliter une évasion.

fabio. — Monsieur, ils seront fort bien dans ma chambre.

eliso. — S'ils viennent faire des perquisitions à l'occasion de cette mort, ils ne laisseront pas un coin sans le visiter, d'autant plus qu'on ne leur a pas ouvert de suite.

celia. — Hélas! malheureuse!

eliso. — Prenez courage, madame.

fabio. — Essayons du moins de quelque artifice.

eliso. — J'avais chez moi deux esclaves : Ped^o, qui avait la charge de mon écurie, comme étant chrétien et baptisé, et Zara, jeune Moresque de Grenade. Vous pouvez les représenter; car tous deux sont à ma maison des champs. Toi, Felisardo, tu vas aller à l'écurie, et sur la corde qui est tendue d'une muraille à l'autre lu trouveras les habits que mon esclave porte les jours de fête. Vous.

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