SCÈNE IX
Les MÊMES ; rentre BELTRAN avec un verre plein d'eau.
beltran . — Voilà de l'eau.
leonou. — Tais-toi! et viens.t' asseoir auprès de moi.
(Beltran s'assied.)
beltran. — Alors, je la jette.
leonor. — Oui, ne vois-tu pas ce double tournoi d'amoureux; deux par deux?
beltran. — Et la tante, cette furie?
leonor. — Un agneau.
beltran. — Si toi et moi nous les imitions?
leonor. — La bonne pièce, vraiment! Ne t'ai-je pas vu l'autre jour t' entretenir avec Catherine?
beltran. — Catherine est ta voisine, et de plus ton amie.
leonor. — Eh bien! cette amitié me déplaît.
(La tante tourne la tête et aperçoit Lisardo et Belise qui s'embrassent.)
teodora . — Eh bien!... le procédé est aimable. lisardo. — Son mal allait la reprendre. Je La soutiens. teodora. — L'excellent cœur!
riselo. — Laissez-les s'entretenir. Ils sont jeunes, et si bien faits l'un pour l'autre.
teodora, à part. — Je vois d'où venait son malaise.
leonor, à Beltran. — Le démon! comme il a bien joué son rôle de docteur!
beltran. — - Étais -je à ton goût dans ce costume?
leonor. — Alors et maintenant
beltran. — J'ai fait une cure admirable.
leonor. — Et laquelle?
beltran. — C'était celle d'un roussin, qui. à l'exception de celui de Saint-Jacques tel qu'on le dépeint aujourd'hui, n'a pas son pareil dans Madrid, où il y a cependant de jolies bêtes! Seulement, il n'avait pas d'ailes,
teodora, à Riselo. — Ètes-vous libre, dites-moi ?
riselo. — Vous semblé-je si mal à l'aise? .
teodora. — Non ; mais avez-vous une femme?
riselo. — Je le voudrais; mais je n'en mérite aucune. Si cependant je trouvais une femme raisonnable comme vous...
teodora. — Adressez votre prière à Dieu; Dieu vous exaucera peut-être.
riselo, à part. — Voilà un oeuf qui veut du sel.
belise, à part, à Lisardo. — Le soleil devient brûlant, mon ami; et pour qu'il se maintienne, pour qu'un sombre nuage ne vienne à l'obscurcir, il faut céder à la raison ; retire-toi, non sans avoir parlé d'abord à ma tante.
lisardo. — Comme il a su l'apprivoiser! Partons, Riselo; il est déjà tard.
riselo, à Teodora. — Adieu, ma gloire.
(Tous se lèvent.)
teodora, à part, à Riselo. — Ah! vous souviendrez-vous de moi?...
riselo. — Au point de m'oublier moi-même.
teodora. — Vous n'aurez pas quitté le Prado, que tout, peut-être, sera oublié.
riselo. — Ali) que vous connaissez mal mon cœur!
teodora. — Suivez-moi de loin; vous connaîtrez ainsi notre maison.
lisardo, à part, à Riselo. — Et Teodora?
riselo. — Teodora? C'est un macaron pour la douceur.
teodora. — Viens, fillette; allons-nous-en. belise. — Es-tu bien fâchée?
teodora. — Eh! de quoi?
riselo, à part, à Lisardo, — A-t-elle donné clans le panneau !...
lisardo. ~- Victoire, Amour, je te remercie.
fin de la première journée.
DEUXIEME JOURNEE