‹ Œuvres dramatiquesChapitre 70 sur 290 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Entrent d'un côté TEODORA, BELISE, LEONOR, de Vautre LISARDO, RISELO et BELÏRAN.

relise. — Je viens inquiète et désolée d'avoir tant tardé !

teodora. — Les voici; tu peux leur parler.

margelle, à Teodora et à Belise. — Dieu garde Vos Grâces qui transforment en ciel le Prado.

belise. — Nous vous rendons le compliment, que vous méritez mieux par votre corpulence

RiSELO, à part, à Lisardo. — Tiens; une femme voilée de sa mante qui engage la conversation avec elles...

lisardo. — Qui ça peut-il être?

RiSELO. — Je ne sais, mais quelque embûche se cache, je crois, là-dessous.

belise. à Marcelle. ■ — Je ne puis m'arrêter; je viens de prendre du fer. Voulez-vous me permettre...

Marcelle. — J'ai un îiio t à dire, ma reine, à madame votre tante.

teodora. — A moi que vous avez à parler, dites-vous ? Marcelle. — A vous-même.

teodora. — Sur quel sujet?

Marcelle. — Vous voyez ces deux messieurs qui sont là-bas ?

teodora. — Parfaitement.

\ . Est-ce une épi gramme, ou parle-t-elle seulement de l'énorme taille , lallazo, que fait à Marcelle la mante qui l'enveloppe?

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L'EAU FERRÉE DE MADRID

Marcelle. — Eh bien t ce galant .qui vous adresse ces oeillades langoureuses est mon amant.

teodora. — Ahl... Que Dieu le garde : il est fort bien.

Marcelle. — Je sais que, pour obliger Lisardo, il feint d'être épris de vous, et pour que la ruse soit poussée jusqu'au bout, pour seconder les plaisirs de Belise, je lui permets de vous entretenir. Hier je lui fermai ma porte qu'il trouva close quand il vint pour me voir. J'ouvris à ses larmes, et c'est un miracle que je ne sois pas morte, car il tira certaine dague, et voulut briser une jalousie. J'ai de lui mille promesses qui l'engagent; mais, pour vous être agréable, et pour que Madrid qui aime le nouveau ait le plaisir d'assister au mariage d'une hypocrite, je lui permets de vous voir, de vous parler. C'était le but de ma promenade au Prado. L'histoire s'achève ici : sur ce, grâces et ensuite gloire.

teodora. — Votre sermon s'adresse on ne peut plus mal. Apprenez d'abord que Lisardo n'a jamais parlé à Belise, comme a pu vous le dire un maître sot qui aura de mes nouvelles. Sachez ensuite que l'habit dont je fais profession s'accommode mal de fourberies amoureuses, et d'ailleurs le Seigneur n'ignore pas à quel point mon à me est loin de semblables pensées. Qu'il daigne acheminer la vôtre à son service.

Marcelle. — Ah! c'est charmant t Mais je vous connais, madame; on m'a récité toute l'histoire, on m'a montré vos impertinents billets.

teodora. — Vous l'êtes à ce point vous-même, queje n'aurais pas dû me prêter à entendre propos si malséants. Vous m'avez l'air d'être quelqu'une de ces beautés compatissantes...

Marcelle. — Jésus ! Vous, parler ainsi! Mais c'est à ne pasycroire; baisez plutôt la terre, égrenez votre chapelet!

belise. — Assez, je vous en prie; que si je ne craignais un scandale plus grand, je vous châtierais d'importance.

Marcelle. — Doucement, madame Belise.

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