SCÈNE IV THÉODORE, TRISTAN
Théodore. — Je n'ai pu reposer un moment.
Tristan. — Je le crois bien, car vous êtes perdu si la vérité se découvre, Je vous disais bien d'attendre que la comtesse fût couchée, mais vous n'avez pas voulu. . Théodore. — Qui sait commander à son amour?
Tristan. — Vous tirez sans viser.
Théodore. — C'est la méthode des habiles.
tristan. — Si vous l'aviez été, vous auriez su mesurer le danger.
Théodore. — M'aura-t-elle reconnu?
tristan. — Oui et non; elle n'aura pas su qui vous étiez, mais peut-être le soupçonne-t-elle.
Théodore. — Quand Fabius s'est mis à ma poursuite dans l'escalier, je ne l'ai pas tué par miracle.
tristan. — Avec quelle adresse j'ai éteint la lampe avec mon chapeau!
Théodore. — L'obscurité l'a arrêté à propos; s'il avait voulu passer plus avant, je l'en aurais empêché.
tristan. — Je dis en courant à la lampe : « Tu diras que nous ne sommes pas de la maison. » Elle me répondit : o Tu en as menti. » Sur quoi, furieux, je tirai... mon chapeau queje lui jetai. Dois-je me formaliser?
Théodore, rêveur. — Ce jour va décider de moi.
tristan. — Vous autres amoureux, vous dites toujours cela, même dans les plus petites circonstances.
Théodore. — Eh! mon cher Tristan, que veux-tu que je fasse dans un péril si pressant ?
tristan. — Renoncer à Marcelle; car la comtesse est