SCÈNE V
Entre LA COMTESSE DIANE.
Diane. — Théodore!
Théodore, à part. — C'est elle-même.
Diane. — Écoute.
Théodore. — Votre créature attend.
tristan, à part. — Si elle vient pour connaître la vérité, nous sommes trois qui décampons en même temps.
DIANE. — Une de mes amies qui se défie d'elle-même m'a priée de lui écrire le billet que voici. L'amitié que j'ai pour elle m'y oblige; mais n'entendant rien aux choses d'amour, je viens te l'apporter, Théodore, persuadée que tu y réussiras mieux que moi. Tiens, lis.
Théodore. — Si vous avez mis la main à ce billet, madame, il doit être parfait, et prétendre faire mieux serait à moi bien téméraire. Je n'ai pas besoin de le voir, et vous pouvez l'envoyer à cette dame tel qu'il est.
diane. — Lis donc, te dis-je.
Théodore. — Votre défiance m'étonne; j'aurai donc à apprendre un style que j'ignore, n'ayant jamais traité d'amour.
diane. — Jamais, jamais?
Théodore. — La conscience de mes défauts m'en a empêché. Je suis on ne peut plus timide.