‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 140 sur 414 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

Le camp anglais à Azincourt.

Entrent le ROI HENRY, BEDFORT et GLOCESTER.

Le Roi Henry.

C'est vrai, Glocester, nous courons un sérieux danger. Notre courage n'en doit être que plus grand. Bonjour, père Bedfort... Dieu soit puissantl Dans les plus mauvaises choses il y a un peu de bien que les hommes, en l'observant, devraient distiller. C'est ainsi que nos méchants voisins nous obligent à être sur pied de bonne heure, ce qui est excellent pour la santé et la bonne tenue des maisons. Ce sont, en outre, des consciences visibles, des prêcheurs qui nous préparent à bien mourir. Conséquemment on peut butiner du miel sur les mauvaises herbes et tirer une moralité du diable lui-même I

{Entre ERPINGHAM) .

Bonjour, vieux sire Thomas Erpingham^ Un bon oreiller bien doux pour cette bonne tête blanche vaudrait mieux que le dur gazon de France.

Erpingham.

Non, mon seigneur. Le gazon de France me convient mieux que quoique ce soit; je suis couché comme un roil Le Roi Henry.

Il est bon pour l'homme d'aimer ses maux présents par comparaison; cela lui soulage l'esprit et, quand l'esprit est vivifié.

ble découragé. Theobald a cherché à reconstituer un texte avec les merveilleux lambeaux des quartos et du folio. C'est ce texte que nous traduisons.

1. Sir Thomas Erpingham était venu avec Bolingbroke, de Bretagne, pour recevoir l'abdication de Uichard.

les organes, si fatigués, si morts qu'ils puissent être, sortent de leur sépulcre, T-evivent, et faisant peau neuve, se meuvent avec une agilité nouvelle. Prête-moi ton manteau, sir Thomas. Vous deux, frères, recommandez-moi aux princes de votre camp ; souhaitez-leur le bonjour de ma part et, sans délai, dites-leur de venir sous ma tente. Glogester.

Nous y allons, mon suzerain.

{Glocester et Bedford sortent).

Erpingham.

Dois-je attendre votre Grâce?

Non, mon brave chevalier. Va avec mes frères trouver mes lords d'Angleterre. Ma conscience et moi nous avons à discuter, et je veux rester seul avec elle. Erpingham.

Le Seigneur du ciel te bénisse, noble Henry 1

{Erpingham sort).

Le Rot Henry.

Grand merci, vieil ami ! Tes paroles réconfortent. {Entre PISTOL).

PiSTOL.

Qui va là ?

Le Roi Henry.

Un ami.

PiSTOL.

Réponds-moi. Es-tu officier? Ou es-tu bas, commun et populaire ?

Le Roi Henry.

Je suis gentilhomme de compagnie.

PiSTOL.

Portes-tu la puissante pique?

Le Roi Henry.

Précisément. Qui êtes-vous?

PiSTOL.

Aussi bon gentilhomme que l'empereur.

Le Roi Henry.

Alors vous êtes plus gentilhomme que le roi?

PiSTOL.

Le roi est un brave garçon, un cœur d'or, un gaillard plein de vie, un fils de la gloire, un enfant de bonne famille, un vaillant du poignet. Je baise la poussière de ses souliers, et de toutes les fibres de mon cœur, j'aime ce matamore. Quel est ton nom?

Le Roi Henry.

Henry le Roi.

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