‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 149 sur 414 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

peste' ! Vous verrez alors la valeur rebondissante de notre Angleterre : morte, elle rase la terre comme un boulet, brise tout dans un nouvel élan de destruction, et tue en faisant ricocher la mort ! Parlons avec fierté. Dis au Connétable que nous sommes des guerriers grossièrement vêtus; que notre éclat et nos dorures ont été souillés par la pluie quand nous marchions par les plaines ardues; qu'il n'y a plus une plume dans notre armée (preuve que nous ne nous envolerons pas); que le temps nous a mis en lambeaux, mais, par la messe, que nos cœurs sont en bon étatl Mes pauvres soldats m'affirment qu'avant la nuit ils auront des habits plus frais, dussent-ils déchirer les jolies cottes neuves dont sont revêtus les soldats français et les mettre hors de serv'ice. S'ils font cela (et ils le feront, s'il plaît à Dieu) ma rançon sera bien vite trouvée. Héraut, épargne donc ta peine et ne viens plus nous parler de rançon. Ils n'auront pas d'autre rançon, je le jure, que mes membres, et s'ils sont dans l'état ou j'entends les laisser, ils ne vaudront pas grand chose. Répète cela au Connétable.

MONTJOY.

Je n y manquerai pas, roi Henry. Adieu, vous n'entendrez plus parler de héraut.

Le Roi Henry.

J'ai peur que tu viennes parler encore une fois de rançon.

{Montjoy sort).

{Entre le duc d'YORK).

Le Duc d'York.

Milord, très humblement, à genoux, je vous supplie de me donner le commandement de l'avant-garde. Prends-le, brave York. Maintenant, soldats, en avant! Et toi, Dieu, dispose de ce jour comme il te plaira I

{Ils sortent).

Cet horrible débris d'aigles, d'armes, de chars,

Sar ses champs empestés confusément épars,

Ces montagnes de morts privés d'honneurs suprêmes

gue la nature force à se venger eux-mêmes, l dont les troncs pourris exhalent dans les vents De quoi faire la guerre au r^ste des vivants, etc.

(La mort de Pompée, Corneille).

Page 1