ACTE IV, SCÈNE VIII
Gam, écuyer'. C'est tout, parmi les gens de renom. Parmi les hommes, nous n'en avons perdu que vingt-cinq. 0 Dieu ! ton bras était là ! Ce n'est pas à nous, seulement à ton bras qu'il faut tout attribuer! Sans stratagème, dans un choc loyal, une loyale bataille, a-t-on jamais vu si grande perte d'un côté et si petite de l'autre ? A toi l'honneur de la victoire, ô Dieu, car c'est à toi seul qu'il appartient I
EXETER
C'est étonnant !
Le Roi Henry, Allons en procession dans le village. Qu'on prévienne l'armée que la peine de mort sera prononcée contre quiconque se vantera de cette victoire et privera Dieu de louanges qui n'appartiennent qu'à lui.
Fluellen.
Ne serait-il pas légal, n'en débiaise à votre Majesté, de dire le nombre des morts ?
Le Roi Henry.
Si, capitaine, mais en reconnaissant que Dieu a combattu pour nous.
Fluellen.
En effet, sur ma conscience, il nous a peaucoup aidé.
Le Roi Henry.
Observons tous les rites sacrés. Chantons un Non nobis
et un Te Deuml Quand nous aurons pieusement enterré nos
morts nous partirons pour Calais, puis en Angleterre, où
jamais ne seront venus de France des hommes plus heureux.
{Ils sortent).
1. Ce gentilhomme ayant été envoyé avant la bataille par Henry, pour reconnaître l'ennemi et estimer ses forces, lit ce rapport : i Sil vous plaît, mon suzerain, ils sont assez ponr qu'on en tue, assez pour qu'on fasse des prisonniers, et assez pour çju'ils prennent la fuite 1. Il sauva la vie du roi sur le champ de bataille.
FIN DU QUATRIEME ACTE