‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 163 sur 414 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

En France. Un corps de garde anglais.

Entrent FLUELLEN et GOWER.

GOWER

Oui, c'est vrai. Mais pourquoi portez-vous votre poireau aujourd'hui ? La saint David est passée, Fluellen.

Il y a des occasions et des causes, des pourquoi et des par conséquent en toutes choses. Je vous dirai, en gualité d'ami, cabitaine Çower, que le coquin, la teigne, le mendiant, le méprisable, le pouilleux de Pistol, que vous-même, et tout le monde, reconnaissez pour un gaillard sans mérite, est venu à moi, m'a apporté hier du bain et du sel, voyezvous, et m'a dit de manger mon boireau. C'était dans une place où je ne pouvais lui chercher guerelle; mais je me permettrai de porter ce poireau à mon chapeau, jusqu'à ce que je le voie de nouveau, et alors je lui dirai une betite partie de mes désirs.

(Enire PISTOL).

GoWER.

Le voici qui vient, se gonflant comme un dindon.

Fluellen.

Il n'est pas question de ses gonflements, ni de ses dindons... Tieu vous pénisse, enseigne Pistol! Galeux, pouilleux, coquin ! Tieu vous pénisse !

Pistol.

Viens-tu de Bedlara? As-tu envie, misérable Troyen, que je rompe pour toi le fil fatal de la Parque ? Arrière I J'ai mal au cœur à l'odeur du poireau !

Fluellen.

Je vous subblie de tout mon cœur, galeux, pouilleux, coquin, à mon désir, à ma requête et à ma bétition, de manger ce boireau. Parce que, voyez-vous, vous ne l'aimez bas.

Vos affections, vos abbétits, vos digestions ne vous font bas l'aimer, je désirerais que vous en mangiez.

PiSTOL.

Non, pour Gadwallader et tous ses boucs !

Fluellen, le battant.

Voilà un bouc pour vous ! Voulez-vous être assez pon, misérable coquin, pour en manger I

PiSTOL.

Vil Troyen, lu vas mourir!

Vous tites vrai,-' misérable coquin, quand Tieu le voudra ! En attendant, je désire que vous viviez et mangiez vos victuailles. {Le battant). Voilà de la sauce pour elles ! Hier, vous m'avez abbelé écuyer de montagne; je veux faire aujourd'hui de vous un écuyer de bas étage *. Je vous brie, mangez. Si vous bouvez vous moquer d'un boireau, vous bornez pien le manger !

GOWER

Assez, capitaine, vous l'avez étourdi.

Fluellexn.

Je lui ferai manger un morceau de mon boireau, ou je battrai sa capoche pendant quatre jours. Mordez, je vous prie. C'est pour vos plessures fraîches et i^otre tête en sang.

PiSTOL.

Faut-il mordre ?

Fluellen.

Oui, certainement, et, sans aucun doute, et en dehors de toutes questions et ambiguïtés.

PiSTOL.

Par ce poireau, je me vengerai terriblement. Je mange, mais aussi je jure...

Fluellen.

Mangez, je vous brie. Voulez-vous avoir encore d'autre sauce pour votre boireau ? Il n'y a pas assez de boireau pour jurer après.

PiSTOL.

Laisse ton bâton. Tu le vois, je mange. Fluellen.

Trop pon pour toi, coquin pouilleux, je le dis de tout cœur. Je vous prie, ne le jetez pas, la peau en est ponne pour votre caboche frisée. Quand vous aurez l'occasion te voir des boireaux, je vous prie, moquez-vous-en, et c'est tout.

i. C'est-à-dire : / will bring thee to the ground. {Note de Johnson).

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