‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 214 sur 414 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

Le Roi Henry.

De quel outrage avez-vous à vous plaindre? Parlez d'abord, je répondrai ensuite.

Basset.

Gomme je traversais la mer, venant d'Angleterre pour débarquer en France, FLoinme que voici, dans un langage envieux et moqueur, m'a insulté à propos de la rose que je porte, disant que la couleur sanguine de ses feuilles représentait les joues rougissantes de mon maître, un jour qii"il se refusait à reconnaître la vérité à propos d'une certaine question de droit débattue entre le duc d'York et lui. Je passerai sous silence les termes ignominieux et bas dont il s'est servi. Pour répondre à une si grave insulte, défendre la dignité de mon maître, je demande à bénéficier de la loi des armes.

Vernon.

Noble lord, je vous adresse la même prière. Bien qu'il cherche, par une explication ingénieusement fausse, à justifier son insolence, c'est lui, sachez-le bien, milord, qui m'a provoqué ; qui, le premier, s'est permis de critiquer cet insigne, affirmant que la pâleur de cette rose trahissait la faiblesse du cœur de mon maître.

York.

Somerset, cette méchanceté sera donc éternelle?

Milord d'York, votre haine débordera donc toujours, en dépit de vos efforts habiles pour la dissimuler ? Dieu bon ! quelle folie guide la cervelle des homines, pour que de telles rivalités puissent naître d'une cause aussi légère et aussi frivole ! Cousins d'York et Somerset, calmezvous et faites la paix !

York.

Laissez-nous d'abord vider la querelle dans un combat; ensuite Votre Grandeur pourra exiger que nous fassions la paix.

Somerset.

Le conflit ne regarde que nous. Permettez-nous de le régler entre nous t

York.

Voici mon gage, Somerset !

Vernon.

Que la querelle reste où elle a commencé i

Basset.

Consentez-y, mon honorable lord.

Glogester.

Y consentir ? Maudite soit votre dispute ! Et puissiez-vous

périr avec votre audacieux caquet i Présomptueux vassaux! N'étes-vous pas honteux de troubler le roi et nous de vos clameurs insolentes? Vous agissez mal, milords, en encourageant leurs récriminations perverses et surtout en profitant de leurs discussions pour entretenir la sédition entre vous. Laissez-moi vous conseiller de prendre une meilleure attitude.

EXETER

Vous voyez le chagrin qu'elle procure à Sa Grandeur. Mes bons lords, soyez amis.

Approchez, vous qui voulez combattre. Si vous tenez à notre faveur, je vous enjoins d'oublier entièrement votre querelle et sa cause. [A York et à Soinerset). Milords, souvenez-vous que nous sommes en France, au milieu d'une nation volage et capricieuse. Si les Français soupçonnaient dans vos regards une dissension, s'ils s'apercevaient de la moindre désunion, ils auraient bientôt des tendances à désobéir et à se révolter. Quelle honte pour nous si des princes étrangers venaient à constater que, pour un jouet, une peccadille, les pairs du roi Henry, des chefs de noblesse, se sont combattus entre eux et ont perdu le royaume de France ! Pensez à la conquête de mon père, à mon jeune âge, et ne gaspillez pas pour une bagatelle ce qui a été acheté avec du sang! Je serai l'arbitre de ce double conflit, [Prenant une rose rouge). Je ne vois pas de raison, si je porte cette rose, pour que l'on me soupçonne d'en tenir pour Somerset plutôt que pour York. Tous deux sont mes parents et tous deux je les aime. Autant vaudrait m'en vouloir de porter la couronne, parce que le roi d'Ecosse est couronné. Mais votre jugement vous persuadera mieux que mes recommandations et mes discours. Nous sommes venus en paix, continuons de nous aimer en paix. Cousin d'York, nous vous nommons régent des parties de la France que nous occupons. Vous, bon milord de Somerset, unissez vos troupes de cavalerie à ses bandes de fantassins. Gomme de loyaux sujets, dignes fils de nos aïeux, marchez d'accord et passez vos colères sur nos ennemis. Moi, milord Protecteur et les autres, après quelque répit, nous retournerons à Calais, puis en Angleterre. J'espère, avant qu'il soit longtemps, que vos victoires nous y amèneront Charles, Alençon et cette réunion de traîtres !

[Fanfares. Le roi Henry, Glocester, Somerset, Winchester, Suffolk et Basset sortent).

Warwigk.

Milord d'York, le roi a gentiment joué le rôle d'orateur.

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