ACTE V, SCÈNE II
dit*. Epée garde ta trempe; cœur, reste irrité!... Les prêtres prient pour leurs ennemis; les princes les tuent!
{Il sort').
{Alarme. Mouvements de troupes. Entrent LE ROI HENRY, LA REINE MARGUERITE et d'autres, battant en retraite).
Marguerite.
Sauvez-vous, milord, vous n'en finissez pas ! Par pudeur, sauvez-vous ' I
Pouvons-nous aller plus vite que le ciel? Arrête, bonne
Marguerite.
Etes-vous devenu fou ? Vous ne voulez ni combattre, ni fuir? Le courage, la sagesse, la prudence exigent que nous laissions la place à l'ennemi. Nous devons veiller à notre sûreté et la fuite est notre unique ressource.
{Alarm,e au dehors).
Si vous êtes pris, c'en est fait de nos destinées I Si vous êtes assez heureux pour vous échapper (ce qui est possible, à condition que vous n'y mettiez pas tant d'indolence), nous irons à Londres où l'on vous aime, et nous y réparerons vite la brèche faite à notre fortune !
{Entre LE JEUNE CLIFFORD).
Le Jeune Clifford, Si mon cœur n'était préparé pour de nouvelles vengeances, je blasphémerais avant de vous conseiller de fuir ! Mais, fuyez, il le faut I Un incurable découragement règne dans les cœurs de tous nos partisans. Fuyez ! Le salut est à
1. La mort de Somerset donne, en effet, raison à la prédiction équivoque de Marguery. Jourdain :
Let hini shun castles.
Safer shall he be upon tne sandy plains,
Than where castles, mounted stand.