‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 325 sur 414 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Londres. Le Parlement.

Tambours. Des soldats du parti d'York font irruption. Entrent le Duc d'YORK, EDOUARD, RICHARD, NOR- FOLK, MONTAGUE, WARWICK et autres, portant la rose blangbe au chapeau,

Warwick.

Je me demande comment le roi a pu nous échapper.

York.

Tandis que nous poursuivions les cavaliers du Nord, il s'est dérobé, abandonnant ses hommes. Sur ce, le grand lord de Northumberland dont les oreilles guerrières n'ont jamais pu entendre parler de retraite, a donné de l'ardeur à l'armée et, de concert avec lord Clifford et lord Stafford, a chargé notre front de bataille. Ils l'ont ébranlé, mais tous trois sont tombés sous les épées de nos simples soldats.

Edouard.

Le père de lord StafFord, le duc de Buckingham, doit être tué ou au moins dangereusement blessé. J'ai fendu sa visière d'un seul coup. Je dis vrai, père, regardez mon épée. {Il montre son épée sanglante).

MONTAGUE

Frère, voici le sang du duc de Wiltshire que j'ai rencontré au moment où les armées se heurtaient.

Richard, jetant à terre la tête de Somerset. Parle pour moi et dis-leur ce que j'ai fait.

York, Richard est celui de tous mes fils qui a remporté le plus de gloire *. Votre Grâce serait-elle morte, milord de Somerset?

Norfolk.

Que telle soit la fin de toute la descendance de Jean de Gand!

Richard.

J'espère secouer ainsi la tète du roi Henry !

Moi aussi. Victorieux prince d'York, tant que je ne te verrai pas assis sur le trône qu'usurpe la maison de Lancastre, je jure par le ciel que ces yeux ne se fermeront pas. Voici le palais de ce roi craintif et voici son siège royal. Prends-en possession, York ; il t'appartient et non aux héritiers du roi Henry.

York.

Assiste-moi, cher Warwick, et j'en prendrai possession, car c'est par la force que nous avons pénétré ici. Norfolk.

Nous vous assisterons tous. Meure celui qui voudrait fuir!

York.

Je vous remercie, aimahle Norfolk. Asseyez-vous à mes côtés, milords. Vous, soldats, demeurez. Vous passerez la nuit près de moi.

Warwick.

Quand le roi viendra, n'usez pas de violence, sauf le cas oîi il voudrait nous chasser de force.

{Les soldats se retirent).

York.

Aujourd'hui la reine tiendra ici son parlement: mais elle ne soupçonne pas que nous serons de son conseil. Par la parole ou par les coups, c'est ici que nous rentrerons dans nos droits.

i. Il y a ici un anachronisme. A l'époque de la première bataille de Saint-Albans, Ricliard n'avait pas encore un an. étant né au château de Fotheringay le ai octobre 1454. Au temps où se passe la troisième scène du premier acte de ce drame, il a six ans : et au cinquième acte, où il tne Henry dans la Tour, il compte seize ans et huit mois. Il faut toujours rendre responsable de ces erreurs l'auteur de l'ancienne pièce. Shakespeare ne s'en est pas préoccupé.

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