‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 335 sur 414 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

géraient pas suffisamment. Si je remuais les tombeaux de tes ancêtres, si je suspendais à des chaînes leurs cercueiF^ pourris, cela ne calmerait pas ma colère, et mon cœur ne serait pas satisfait ! La vue d'un membre de la maison d'York suffit pour mettre mon âme en fureur I Jusqu'à ce que j'aie anéanti leur lignée maudite, mon existence sera un enfer !

{Levant le bras).

Donc...

Rdtland.

Laisse-moi prier avant de mourir. Je t'en supplie, Clifford, aie pitié de moi !

Clifford.

Je n'ai d'autre pitié que celle qui est à la pointe de mon épée I

RUTLAND

Je ne t'ai jamais fait de mal, pourquoi veux-tu me tuer?

Clifford.

Ton père m'en a fait.

RUTLAND

C'était avant ma naissance*. Tu as un fils, aie pitié de moi pour son salut, de peur — car Dieu est juste — qu'il meure aussi misérablement que moi 1 Laisse-moi vivre en prison jusqu'à ma mort, et si je te fais la moindre offense, alors fais-moi mourir. A cette heure tu n'as pas de raisons pour me tuer.

Clifford.

Pas de raisons? Ton père a tué mon père! Meurs! [Clifford lui porte un coup de poignard).

RUTLAND

DU faciant, laudis summa sit ista tuse-.

(Il meurt).

Clifford.

PlantagenetI Je viens Plantagenet! Le sang de ton fils, figé sur cette lame, rouillera mon épée, jusqu'à ce que ton sang se coagule avec le sien, et que je les essuie tous deux!

{Il sort).

1. Il y a ici une erreur historique. La bataille de Saint-Albans où le vieux Clifford fut tué eut lieu en i455; celle de Wakefield, en 1460. Rutland avait à cette époque plus de seize ans.

2. Ce vers se trouve dans Ovide. {Lettre de Phillis à Démophon).

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