‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 337 sur 414 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

York.

Mes cendres, comme celles du phénix, peuvent produire un oiseau qui me vengera de vous tous. C'est dans cette espérance que je jette un regard sur le ciel, méprisant tout le mal que vous pouvez me faire. Pourquoi n'avancez-vous pas ! Quoi ! Si nombreux, auriez-vous peur ? Clifford.

Ainsi combattent les couards, quand ils ne peuvent plus s'enfuir I Ainsi les colombes mordent les serres du faucon cruel ! Ainsi les voleurs, se sentant perdus, désespérant de leurs vies, invectivent ceux qui les arrêtent. York.

0, Clifford! réfléchis encore et souviens-toi de mon passé. Si tu le peux sans rougir, regarde-moi et mords ta langue qui me calomnie en appelant couard l'homme dont un froncement de sourcil te faisait reculer et fuir ! Clifford.

Je ne veux pas discuter avec des paroles, mais rivaliser de coups et t'en rendre quatre pour un !

{Il tire Vépée). Arrête, vaillant Clifford. Pour un millier de raisons je désire prolonger la vie du traître. La colère le rend sourd. Parlez, Northumberland.

NORTHUMBERLAND

Arrête, Clifford. Ne lui fais pas cet honneur de te piquer le doigt, même pour atteindre son cœur. Quand un chien grogne, quelle valeur y a-t-il à mettre la main entre ses dents, alors qu'on peut le chasser à coups de pied? C'est le droit de la guerre de profiter de son avantage, et l'on peut être dix contre un sans rien perdre de sa renommée. {Ils mettent les mains sur York qui se débat). Clifford.

Ainsi se débat le coq de bruyère pris au trébuchet.

Northumberland.

Ainsi le lapin dans le filet.

York.

Ainsi triomphent les voleurs du butin qu'ils ont conquis ! Ainsi l'honnête homme est vaincu par des coquins ! Northumberland .

Qu'est-ce que votre Grâce veut en faire maintenant ?

Marguerite.

Clifford et Northumberland, mes braves guerriers, mettezle debout sur cette hauteur. Jadis, il étendait les bras pour prendre des montagnes ; il n'en a saisi que l'ombre. Quoi ? c'est vous qui vouliez être roi d'Angleterre ? Qui, prenant toutes vos aises dans notre Parlement, vantiez votre haute

descendance? Où sont vos fils pour vous soutenir maintenant? L'exubérant Edouard et le vigoureux George? Où, ce vaillant bossu, ce prodige, votre Dick, qui, avec sa voix grognonne, excitait son papa à la mutinerie ? Où, votre cher Rutland ? Regarde, York, je teins ce mouchoir du sang que, de la pointe de son épée, le vaillant Glifford a extrait du sein de l'enfant, et si tes yeux veulent pleurer sa mort, je te le donne pour essuyer tes joues ! Hélas I Pauvre York ! Je te hais mortellement, sans cela je déplorerais ta lamentable situation. Je t'en prie, York, plains-toi pour me rendre heureuse. Frappe du pied, désespère-toi, afflige-toi, que je puisse chanter et danser. La rage brûlante de ton cœur aurait-elle desséché tes entrailles ? Quoi ! pas une larme pour la mort de Rutland? Pourquoi demeures-tu calme? Tu devrais être fou, car c'est pour te rendre fou que je t'insulte de la sorte. Je le vois, pour m'amuser il te faut un salaire. York ne peui parler sans porter une couronne. Une couronne pour York. Milords, saluez-le très bas. {Plaçant une couronne de papier sur sa tête). Tenez ses mains, je vais le couronner. Pardieu ! il ressemble maintenant à un roi ! Voici l'homme qui a occupé le trône du roi Henry; l'homme qui a été adopté pour son héritier ! Comment se fait-il que le grand Plantagenet soit couronné si tôt, au mépris de son serment solennel ? Je croyais que tu ne devais pas être roi avant que notre roi Henry eut serré les mains de la mort? Ettu couronnes ta tête de la gloire de Henry ? Et tu prives son front du diadème, tandis qu'il existe encore? Malgré la sainteté de ton serment? Crime impardonnable I A bas la couronne, et avec la couronne, à bas ta tête ! Le temps de respirer et mettons-le à mort t

Glifford.

Cela me regarde. J'ai mon père à venger. Marguerite.

Non, Arrêtez. Ecoutons son oraison.

York.

Louve de France, pire que les louves de France, à la langue plus empoisonnée que la dent de la vipère, comme il convient mal à ton sexe de triompher, infâme amazone, des malheureux que la fortune enchaîne ! Si ta face, que les mauvaises actions ont rendue impassible, n'avait pas l'immobilité d'un masque, j'essaierais, reine orgueilleuse, de te faire rougir en te rappelant d'où tu viens, d'où tu sors, et mon récit t'accablerait! Mais tu es trop éhontée ! Ton père s'intitule roi de Naples, des Deux- Siciles, de Jérusalem, et il n'a pas plus de terres qu'un fermier Anglais. Est-ce ce pauvre monarque qui t'a appris à insulter les gens? Ta vanité est inutile et n'en

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