ACTE IV, SCÈNE V
Elisabeth.
A peu près, étant prisonnier, après avoir été trahi par sa garde et surpris par l'ennemi. Comme j'ai cru le comprendre tout à l'heure, on l'a confié à l'archevêque d'York, le frère de Warwick et conséquerament notre ennemi.
RiVERS.
Les nouvelles, j'en conviens, sont désolantes. Supportezles le mieux possible, gracieuse dame. Warwick peut perdre ce qu'il a gagné en un jour.
Elisabeth.
Jusque-là, je n'aurai plus que l'espérance comme soutien! Aussi bien dois-je lutter contre tout découragement pour l'amour de l'enfant d'Edouard que je porte dans mon sein. C'est lui qui contiendra ma colère, me fera patiemment porter la croix de mon infortune. Je sécherai mes larmes, je refoulerai les soupirs qui me dessèchent le sang, de peur que ces soupirs et ces larmes flétrissent ou noient le fruit du roi Edouard, légitime héritier de la couronne d'Angleterre.
RiVERS.
Qu'est devenu Warwick?
Elisabeth.
On m'informe qu'il s'avance vers Londres pour replacer la couronne sur la tête de Henry. Tu devines le reste. Les amis d'Edouard doivent céder. Moi, pour prévenir la violence du tyran (comment se fier à qui a déjà violé son serment?), je vais immédiatement me réfugier dans un sanctuaire et sauver l'héritier d'Edouard. Là je serai, du moins, à l'abri de la force et de la fraude. Fuyons donc pendant qu'il en est temps. Si Warwick met la main sur nous, c'est inévitablement la mort !
{Ils sortent).