ACTE IV, SCÈNE V
contre nous. Edmond, je pense, est parti, touché de sa misère, pour le débarrasser d'une vie qui n'est plus qu'une longue nuit *, et, en même temps, se rendre compte des forces de l'ennemi.
L'Intendant.
Il faut que je le rejoigne, madame, avec cette lettre.
Régane.
Nos troupes s'avanceront demain. Demeurez avec nous, les chemins sont dangereux.
L'Intendant.
Je ne peux pas, madame. Ma maîtresse compte sur mon empressement dans cette affaire.
Régane.
Pourquoi ce besoin d'écrire à Edmond ? Ne pouviez-vous pas lui transmettre ses projets de vive voix ? Peut-être, quelque chose... Je ne sais quoi... Je t'aimerai de tout mon cœur, laisse-moi décacheter cette lettre. L'Intendant.
Madame, j'aimerais mieux...
Je sais que ta maîtresse n'aime pas son mari... J'en suis sûre... La dernière fois qu'elle était ici, elle lançait au noble Edmond d'étranges œillades, des regards qui en disaient beaucoup. Vous êtes son confident ?
L'Intendant.
Oui, madame?
Régane.
Je parle en connaissance de cause. Vous l'êtes, je le sais. Donc, écoutez bien ce que je vais vous dire. Mon époux est mort. Edmond et moi nous nous sommes longuement entretenus. Il est plus convenable qu'il aspire à ma main qu'à celle de votre maîtresse... Vous pouvez conclure de cela bien des choses que je n'ai pas dites. Si vous le trouvez, donnez-lui ceci -, et quand votre maîtresse vous aura entendu, conseillez-lui de faire appel à sa sagesse. Sur ce, portez-vous bien. Si par hasard vous entendiez parler de ce traître d'aveugle, il y a de l'avancement pour celui qui l'expédiera.
L'Intendant.
Je voudrais pouvoir le rencontrer, madame, je montrerais quel parti j'entends suivre.
Régane.
Porte-toi bien.
{Ils sortent],
1. His nighted life. Que ne pouvons-nous écrire: Sa vie nuitée l
2. Il est à supposer que Régane donne à l'intendant une bague ou un objet quelconque pouvant la rappeler au souvenir d'Edmond.