‹ Œuvres dramatiques. Traduction, entièrement conforme au texte anglaisChapitre 89 sur 414 · ACTE V, SCÈNE III Hl · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III Hl

L'Officier, Je ne pourrais pas traîner une charrette ou manger de l'avoine sèche, mais s'il s'agit d'une besogne humaine, je l'accomplirai.

[V officier sort).

{Fanfare. Entrent ALBANY, GONERIL, REGANE, des officiers et des gens de la suite). Albany.

Monsieur, vous avez montré aujourd'hui votre vaillance et la fortune vous a bien secondé. Vous tenez prisonniers nos adversaires dans ce jour de combat; nous les réclamons, désirant en user avec eux suivant leurs mérites et notre sécurité.

Edmond.

Monsieur, j'ai jugé convenable d'envoyer le vieux et misérable roi en lieu sur et sous bonne garde.jll se recommande suffisamment de son âge et, plus encore de son titre, pour s'attirer les cœurs du commun et faire que nos lances mercenaires se tournent contre nous qui les commandons. Avec lui j'ai envoyé la reine et pour les mêmes raisons. De la façon, ils seront prêts à comparaître, demain au plus tard, quand vous les ferez appeler'. * Maintenant, nous sommes en nage, nos blessures saignent, l'ami a perdu son ami, et les plus justes querelles, dans l'ardeur du combat, sont maudites par ceux qui sentent leurs rigueurs... Quant à la détermination à prendre en ce qui concerne Cordélia et son père, elle sera discutée dans un endroit plus réservé *.

Albany.

Avec votre permission, monsieur, dans cette guerre, je vous ai considéré comme un sujet et non comme un frère, Régane.

Il aura le titre qui nous conviendra. Vous auriez pu, il me semble, me consulter avant de parler si haut. Il conduit nos forces; il est revêtu de l'autorité de ma situation et de ma personne ; c'est une suprématie qui peut bien lui valoir le titre de frère.

GoNERIL.

N'y mettez pas tant de chaleur. Ses hauts faits parlent en sa faveur, plus que saurait le faire votre intervention.

Revêtu de mes droits, il peut marcher de pair avec les plus grands.

GONERIL

C'est tout au plus ce quilui serait permis s'il vous épousait. 1. Le passage entre astérisques a été omis dans le folio.

Régane.

Les plaisants sont quelquefois prophètes.

GONERIL

Holà 1 holà ! L'œil de celui qui vous a dit cela devait loucher ^.

Régane.

Madame, je ne me sens pas bien; autrement je vous aurais répondu, comme on répond lorsque le cœur déborde. Général, prenez mes soldats, mes prisonniers, mon patrimoine ; disposez d'eux et de moi. Je me remets à ta discrétion - et je prends le monde à témoin que je te nomme ici mon seigneur et maître.

GoNERIL.

Prétendez-vous le posséder?

Albany.

Qu'il en soit ainsi ou non, cela ne dépend pas de votre choix.

Edmond.

Ni du tien, milord.

Albany.

Si, bâtard 1

Régane, à Edmond. Fais battre le tambour et proclamer que mon titre est le tien !

Albany.

Restez et laissez parler la raison... Edmond, je t'arrête pour trahison capitale. {Désignant Goneril). Ainsi que ce serpent doré. {A Régane). Quant à vos prétentions, aimable sœur, je les repousse dans l'intérêt de ma femme. Elle est engagée envers ce seigneui et moi, son mari, je m'oppose à vos bans. Si vous voulez vous marier, déclarez-moi votre amour, ma femme est retenue.

GONERIL

Quelle plaisanterie !

Albany.

Tu es armé, Glocester... Que les trompettes sonnent. S'il ne vient personne pour affirmer tes trahisons manifestes, voici mon gage ! (7/ lui jette son gant). Avant que je goûte au pain, je veux te prouver par la gorge que tu es tout ce que je viens de dire.

Régane, Malade ! Je suis malade !

1. Allusion au proverbe : « Love being jealous makes a good exjc looh asquint ». « Quant l'amour est jaloux, d'un bon œil il fait un œil qui louche ». Voyez la Collection de Ray.

2. ... the walls are thine: Phrase métaphorique empruntée au langage des camps. (Note de Warburton).

On verra une allusion semblable dans Cymbeline.

The heavens hold firm the walls of thy dcar honour.

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