‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 127 sur 633 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

La taverne d'East-Cheap.

Entrent NYM el BARDOLPHE.

BARDOLPHE.

Je suis charmé de vous voir, caporal Nym.

HYH.

Bonjour, lieutenant Bardolpbe.

BARDOIPHE.

Eh bien, l'enseigne Pistolet et vous, êtes-vous toujours amis?

NTH.

Pour ma part, cela ne m'inquiète guère : je ne fais pas grand bruit, mais quand l'occasion se présentera , je la saisirai avec joie. — N'importe; il adviendra ce qu'il pourra. Je ne suis pas homme à me battre, mais j'aurai l'œil au guet et je tiendrai mon épée nue ; c'est une épée fort ordinaire que la mienne; mais quoi ? elle peut embrocher une tranche de fromage et endurer le froid tout comme une autre; et voilà I

BABDOLPBS.

Je paie à déjeuner pour vous rapatrier ; puis nous partirons tous trois pour la France comme de véritables frères d'armes. C'est entendu, n'estce pas, caporal NymT

ara.

Parbleu, je vivrai tant que je pourrai, voilà ce qu'il y a de certain ; puis quand je ne pourrai plus vivre, je ferai comme je pourrai. C'est à quoi je suis résolu ; je ne dis que cela.

BAKDOLFHE.

Il est certain, caporal, que Pistolet a épousé Hélène Vabontrain; et en cela elleamal agi avec vous, car elle vous était fiancée.

mu.

Je ne saurais dire; les cbosea sont ce qu'elles peuvent être. Il se peut qu'un homme dorme, et que pendant ce temps-là il ait la gorge intacte; et, comme on dit, les couteaux coupent. U faut que les choses aient leur conrs : bien que la patience suit lasse, elle n'en continue pas moins à se traîner. Il faut une fin à tout; je ne puis eu dire davantage.

168 MAC.ASIN TTIEATRAL ETRANGER.

Entrent PISTOLET et M">c VABONTRAIN.

BARDOIPHE.

Voici venir l'enseigne- Pistolet et sa femme ! Mon cher caporal, contenez-vous. — Comment va mon hôte Pistolet?

PISTOLET

Vil pékin, tu m'appelles ton hôte î j'en jure par cette main, c'est un titre que je méprise souverainement, et mon Hélène n'hébergera personne.

unie VABONTRAIN.

Oui, certes, et avant peu encore ; car on ne peut loger et nourrir une douzaine de demoiselles bien nées qui vivent honnêtement de leur aiguille, qu'à l'instant on ne vous accuse de tenir un mauvais lieu. (iVi/m tire son épCe.) 0 mon Dieu, voilà le caporal Nym qui dégaine I il va y avoir ici adultère et homicide prémédités. — Mon cher lieutenant Bardolphe, — mon cher caporal, ne commettez point ici de violence, «vu.

Baht

PISTOLET

Bah toi-même, chien d'Islande I dogue d'Islande aux courtes oreilles 1

ume VABONTRAIN.

Mon cher caporal Nym, montrez le courage d'un homme, et rengainez votre épée.

NVM, à Pistolet.

Veux-tu que nous sortions? je voudrais te tenir seul à seul.

PISTOLET

Seul à seul , dogue fieffé 1 lâche vipère! je te rejette ton seul à seul à la face; ton seul à seul en a menti par la gorge I Tremble! le chien du pistolet est armé, et il ne tardera pas à faire feu.

NTH.

Je ne suis point un Barbazon*; tu ne saurais m'exorciser. Je suis d'humeur à t'étriller de la belle façon ; si tu ne ménages pas tes termes. Pistolet, je vais te chatouiller les côtes d'importance avec ma rapière. Si tu veux sortir avec moi, je me fais fort de te mettre deux pouces d'acier dans le ventre, le plus joliment du monde; et voilà!

0 vil fanfaron, qui te donnes des airs de colère, ta fosse est béante et la mort attend sa proie ; vapeur, évanouis- toi.

Ils déga

, elle

BARDOLPHE, mettant l'tpie à la main et cherchant à les séparer.

Écoutez-moi; écoutez ce que j'ai à vous dire. — Celui qui frappe le premier, je lui passe mon épée au travers du corps jusqu'à la garde, foi de soldat!

PISTOLET

Voilà un sennent qui m'en impose ; ma fureur * L'un des princes des démons. (Note du tradmlcur.)

s'apaise. — (A Nym.) Donne-moi une poignée de main; tu as l'ame on ne peut plus martiale.

NTU.

Tôt ou tard je te couperai la gorge le plus loyalement du monde; et voilà I

PISTOLET

Me couper la gorge ! — je te défie de nouveau. 0 chien limier, espères-tu t'emparer de ma femme? Va-t'en à l'hôpital; et dans le bourbier de l'infamie, va déterrer l'infecte créature connue sous le nom de Dorothée Bonbec*, et fais-en ton épouse : j'ai et je garderai pour mon unique femme la ci-devant Vabontrain, — Je n'en dis pas davantage.

Entre LE PAGE de Falstaff.

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