‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 128 sur 633 · LE FACE · texte numérisé non relu

LE FACE

Pistolet, mon cher hôte, il faut absolument que vous veniez trouver mon maître, — et vous aussi, notre hôtesse; — il est très-mal, et s'est mis au lit. Cher Bardolphe, venez mettre entre ses draps votre nez brûlant ; cela lui servira de bassinoire. Véritablement, il est on ne peut plus mal.

BARDOLPBE.

Va-t'en, petit coquin.

M^e VABONTRAIN

Sur ma parole, un de ces jours il servira de pâture aux corbeaux ; le roi l'a frappé au cœur. Mon mari, ne tarde pas à me joindre.

JJme VABONTRAIN et LE PaGE SOr.tenl.

BARDOLPHE.

Allons, permeitez-moi de vous réconcilier. Il faut que nous partions ensemble pour la France. Pourquoi diable serions-nous entre nous à couteaux tirés?

PISTOLET

Que les eaux débordent et que les démons crient famine!

NTH.

Veux-tu me payer les huit schellings que je t'ai gagnés à un pari ?

PISTOLET

Il n'y a que les manans qui paient.

NÏM.

Il me faut cet argent-; et voilai

Le courage en décidera. En garde î

BARDOLPBE.

Par cetteépée.celui qui porte la première botte, je le tue.

PISTOLET

Jurer par une épée, c'est un serment comm< un autre, et il faut que les sermens aient Icui cours.

BARDOLPBE.

Caporal Nym, si vous voulez êtro amis, soye

* Voir , pour ce personnage , U deuxième partit d'Henri IV. (Nalc du Inijuctcur.)

HENRI V

amis; si vous ne le voulez pas, eli bien 1 soyez donc aussi ennemis avec moi. Je vous en prie, rengainez tous deux.

NVU.

Aurai-jc les huit schellings que je l'ai ganés?

PISTOLET

Je te donnerai un noble comptant*, et, pardessus le marché, je te paierai à boire, et nous serons unis par l'amitié et la fraternité : je vivrai pour Nym et Nym vivra pour moi. — Cela n'est-il pas juste? — Vois-tu, je serai vivandier dans le noble et nous ferons ensemble des bénéfices, moi ta main.

NVU.

Aurai-je mon noble ?

PISTOLET

Tu l'auras en bel et bon argent.

NYH.

Eh bien , voili I

Renlre M""» VABONTRAIN.

urne VABONTRAIH.

S'il est vrai que vous avez eu des femmes pour mères, venez promptement voir sir John. La pauvre chère amel il est tellement secoué par une fièvre tierce quotidienne, que c'est pitié de le voir. Mes bons amis, venez le trouver.

NÏH.

Le roi lui a tourné la bile, et voiU.

PISTOLET

Tu dis vrai ; son cœur est brisé, torturé.

nvM.

Le roi est un bon roi ; mais quoi qu'il en soit, il a ses lubies aussi.

PISTOLET

Allons consoler 1« pauvre chevalier, car nous devons tous rester unis.

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