‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 151 sur 633 · LE CHOEUR · texte numérisé non relu

LE CHOEUR

Permettez, vous qui n'avez pas lu l'histoire, que je vous mette au fait. Quant à ceux qui l'ont lue, je les en supplie humblement, qu'ils nous pardonnent d'abréger les temps, les nombres et le cours des événemens, qui ne sauraient être représentés ici dans leurs détails et leur réalité. Maintenant nous transportons Henri à Calais. Supposez qu'il y est arrivé : de là, portez-le sur l'aile de votre pensée, et faites-lui franchir la mer. Voyez sur le rivage anglais cette large ceinture d'hommes, de femmes, d'enfans ; leurs acclamations dominent le bruit de l'Océan, dont la grande voix précède la marche du roi et annonce son arrivée. Voyez-le débarquer, puis se mettre solennellement en route pour Londres. La pensée marche si vite, que vous pouvez déjà le voir à Blackheath ; là, les lords demandent qu'à son entrée dans la ville on porte devant lui son casque brisé et son épée déformée. Mais lui, exempt de vanité et d'orgueil, il ne le permet pas, et veut que toute la gloire soit rapportée à Dieu seul. Maintenant, grâce à un travail actif de la pensée, voyez Londres verser les flots de ses citoyens! Le maire et tous ses collègues*, dans leur costume le plus riche, pareils aux sénateurs de Rome antique, et suivis de la foule des plébéiens, von tau-devant de César pour le ramener en triomphe. Ainsi dans une occasion moins grande que celle-ci, sans doute, mais que nous nous plaisons à lui comparer, si le général de notre gracieuse reine" revenait maintenant d'Irlande, comme il pourra en revenir un jour, rapportant sur la pointe de son glaive la rébellion percée de part en part, combien quitteraient la cité paisible pour venir saluer son retour I Une affluence beaucoup plus considérable encore, et bien plus justifiée, se presse sur les pas de Henri. A présent, placez-le à Londres, où les récentes blessures de la France invitent le roi d'Angleterre à prolonger son séjour, pendant que l'empereur

Les conseiller» municipaux, ou les aidermeu. {Note du tmducleurt) ** Ltt comte d'£:i8ex. {Note du traducteur.}

vient en faveur de la France interposer sa médiation pour la conclusion de la paix. Laissons de côté tous les événemens qui se sont succédé jusqu'au retour d'Henri en France: c'est là que nous allons le conduire; j'ai comblé la lacune en vous rappelant le passé. Pardonnez -moi cet abrégé imparfait, et que vos yeux et vos pensées se reportent vers la France.

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