‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 165 sur 633 · LE SERGENT · texte numérisé non relu

LE SERGENT

Camarades, prenez vos postes, et soyez vigilans ; si vous entendez du bruit, ou si vous voyez des utilitaires s'approcher des remparts, ayez soin, par quelque signal intelligible, de nous le faire savoir au corps de garde.

PREUlÉnB SENTINELLE.

Sergent, nous n'y manquerons pas.

Le Sergent s'éloigne.

FREMIÈRB SENTINELLE, COnlitlUntlI.

Ainsi, pendant que les autres dorment lianquillement dans leur lit, de pauvres diables sont obligés de veiller dans les ténèbres, exposés au froid et à la pluie.

Arrive'it nu pied des murailles TALBOT, BED- FORD, LE DUC DE BOURGOGNE cl une troope DE Soldats poriiitil des échelles ; leurs tambours battent une marche sourde et voilée.

TALBOT

Lord régent, — et vous, duc redouté, dont l'alliance nous donne l'amitié de l'Artois, du pays wallon et de la Piraidie, — relie miit nous est

favorable: les Français reposent sans défiance, après avoir consacré tout le jour à l'allégresse et aux festins. Mettons l'occasion à profit pour punir nos ennemis de leur imposture fondée sur la ruse et la sorcellerie.

EEDFORD.

Lâche dauphin de Francel — Combien il se déshonore en désespérant de la force de son bras, et en appelant à son aide des sorcières et les secours de l'enfer 1

LE DUC DE BOURGOGNE

De tels associés conviennent à des traîtres. — Mais quelle est cette pucelle qu'on prétend si chaste et si pure ?

TALBOT

C'est une jeune vierge, dit-on.

SEDFORD.

Pour une jeune vierge, elle est bien martiale I

LE DUC DE BOURGOGNE

Je crains bien que dans celle prétendue femme on ne découvre un homme, si, continuant à porter les armes sous l'étendard de la France, elle poursuit comme elle a commencé.

TALBOT

Eh bien 1 laissons-les comploter et se liguer avec les esprits infernaux ; Dieu fait notre force; en son nom vainqueur, décidons-nous & escalader leurs remparts.

EEDrORD,

Monte, brave Talbot; nous te suivrons.

TALBOT

Pas tous à la fois ; il vaut mieux, selon moi, que uous entrions dans la ville par différens points, afin que si le malheur veut que l'un de

TTENRI VI.

nous échoue, les autres puisseut tenir léle aux forces de l'ennemi.

DEDFOnD.

C'est convenu. Je vais monter par cet angle làbas.

LE DCC CE BOCnGOGSE.

Et moi, par celui-ci.

TALBOI.

Et c'est par ici que Talbot va monter, dùt-il y trouver la mort. Maintenant, Salisbury, c'est pour toi et pour Henri d'Angleterre que jevais combattre : cette nuit prouvera combien je vous suis dévoué à tous deux.

Les Anglais escaladent U muraille au cri de Saint-Georges ! Talbot ! et tous pénètrent dans la ville.

ERE SEXTiKELLE Crie de l'intérieur.

Aux armes I aux armes I voilà Tennemi I

Les Français accourent à demi-vêlus et sautent en bas des remparts. Ârriient, par difftrens côtés, LE BATARD, ALENÇON et RENÉ; les uns sont habillés, les autres ne te sont qu'à moitié.

ALENÇOS.

Comment, messieurs, à demi-nus 7

LE B.ITARD

À demi-nus? oui, sans doute, et fort heureux encore d'avoir pu nous échapper ainsi.

RENÉ

Parbleu 1 il était temps de nous réveiller et de quitter le lit; l'ennemi était déjà à la porte de nos chambres.

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