ALE!(ÇO
Depuis que je suis dans le métier des armes, je n'ai jamais ouï parler d'une attaque plus hardie et plus audacieuse que celle-ci.
LE BATiBD.
Il faut que ce Talbot soit un diable d'enfer.
RESi.
Si ce n'est l'enfer, c'est assurément le ciel qui le protège.
*LEsço:i.
Voici Charles qui vient à nous; je suis curieux de savoir comment il a pu s'en tirer.
Arrivent CHARLES et LA PLCELLE.
LE BATARD
Bah! Jeaune la sainte lui a servi de sauvegarde.
CHARLES
Est-ce donc là ton savoir-faire, femme trompeuse ï N'as-tu d'abord flatté notre espoir en nous procurant un léger succès, que pour nous faire perdre ensuite dix fois plus que nous n'avions gagné?
LA PgCELLE.
Pourquoi Charles se fiche-t-il contre moi? Voulez-vous qu'en tout temps ma puissance soit
la nicme? Exigez-vous qu'éveillée ou endormie, je triomphe toujours? Est-ce sur moi que doivent être rcjetccs toutes les fautes? Guerriers sans prévoyance, si vous aviez fait meilleure garde, ce désastre inattendu ne serait pas arrivé.
CHARLES
Duc d'Alençon, c'est votre faute; cette nuit, le commandement de la garde vous était confié. Vous auriez dû mieux remplir cette charge importante.
ALENÇOn.
Si tous les quartiers avaient été aussi bien gardés que celui dont j'avais le commandement, nous n'aurions pas été aussi honteusement surpris.
LE BATARD
Le mien était bien gardé.
RENÉ
Et le mien aussi, monseigneur.
CHARLES
Quant à moi, j'ai passé la plus grande partie de la nuit à parcourir le quartier de la Pucelle et le mien, occupé à relever les sentinelles. Comment donc et par quel côté l'ennemi a-t-il pu pénétrer?
LA PDCELLE.
Il est inutile, monseigneur, de s'enquérir comment la chose s'est faite. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils ont trouvé quelque issue faiblement gardée; et c'est par là qu'ils sont entrés. Il ne nous reste plus maintenant qu'un seul parti à prendre ; c'est de réunir nos soldats épars , et de concerter de nouveaux plans pour molester l'ennemi.
Bruit de trompettes. UN SOLDAT ANGLAIS accourt en criant
Talbot 1 Talbot!
Us fuient laissant derrière eux une partie de leurs vêtemens que le soldat ramasse.
LE SOLDAT
Je prendrai la liberté de ramasser ce qu'ils ont laisse tomber. Le cri de Talbot me tient lieu d'épOe ; car je me suis déjà procuré une grande quantité de butin sans employer d'autre arme que son nom.
H s'éloigne.