‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 186 sur 633 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LûQjres, — Un appartement Ju palais.

Snlrm LE ROI HENRI et sa Soite, GLOSTER et EXETER.

LE I\01 HENRI

Avez-vous lu les lettres du pape, de l'empereur " du cumio d'Armagnac ?

GLOSTER.

Jeles ai lues, sire, et voici leur contenu en substance: elles supplient humblement votre majesté de faire en sorte qu'une paix solide soit conclue entre les royaumes d'Angleterre et de France.

LE ROI HENRI

Que pensez-vous de cette proposiliont

GIOSTER.

Je l'approuve, sire, comme lo seul moyen d'ar-

MAGASIN THEATRAL ETRANGER

rêter l'effusion du sang chrétien, et de rendre le repos aux deux peuples.

LE BOl HENBl.

Vous avez raison, mon oncle; j'ai toujours considéré comme impies et dénaturées ces luttes barbares et sanglantes entre des peuples qui professent la même foi.

GLOSTER.

En oiitre, sire, pour atteindre ce but plus promplement et resserrer le nœud de cette alliance, le comte d'Armagnac, proche parent de Charles, et l'un des seigneurs les plus considérables de France, offre à votre majesté sa fille en mariage, avec une dot large et opulente.

LE KOI HENRI.

En mariage, mon oncle? Hélas I je suis encore bien jeune: l'étude et les livres me conviendraient mieux que l'amour et la société d'une femme. Néanmoins , faites entrer les ambassadeurs ; et qu'il leur soit répondu comme vous le jugerez convenable. Votre choix sera le mien, pourvu qu'il ait pour objet la gloire de Dieu et le bonheur de mon pays.

Enlnnt UN LÉGAT, DEUX AMBASSADEURS et ■WINCHESTER, en habit de cardinal.

EXETER

Eh quoi ! mylord de Winchester est installé et promu à la dignité de cardinal *7 Je vois bien que ce qu'a prédit Henri V va se réaliser : « Si jamais, disait-il, cet homme devient cardinal, son chapeau sera l'égal de la couronne. »

LE ROI HENRI

Messieurs les ambassadeurs, vos demandes respectives ont été examinées et débattues. Vos propositions sont justes et raisonnables; nous avons donc résolu de rédiger les coudrions d'une paix durable , qui seront iucessamment portées en France par mylord de Winchester.

GLOSTER, à l'un dea ambassadeurs.

Et quant à l'offre de votre maître, — je l'ai communiquée à sa majesté; le roi, considérant les vertus de la princesse, sa beauté et la dot qu'elle apporte, consent à ce qu'elle devienne reine d'Angleterre.

LE ROI HENRI, à l' ambassadeur.

A l'appui de cette assurance, remettez-lui ce joyau comme gage de mon affection. — Sur ce, mylord protecteur, faites-les conduire sains et saufs à Douvres; là qu'on les embarque et qu'on les confie à la fortune de la mer.

Le roi Henri et sa Suite, Gloster, Exeter et LES Ambassadeurs sortent.

winchester.

Attendez un moment, seigneur légat : il fautque

je vous remette la somme que j'ai promise sainteté en échange de ces vénérables iosi| dont elle m'a revêtu.

LE légat.

Je suis aux ordres de votre éminence.

WINCHESTER

Maintenant, j'espère bien que Winchester ne fléchira pas et marchera l'égal du pair le plus fier Humphroy de Gloster, tu apprendras bientôt que ni en naissance, ni en autorité, i'évêque ne se laissera primer par toi; ou je t'obligerai à courber |a tète et à fléchir le genou, ou je désolerai le paî par les discordres civiles. |

Ils sortent.

\VVVWW\\'V\WVVWVVWV\WWV»AIV\WW%VWVVW\*X^*VW\\V\XMIV

• Ceci est un oubli de Sliakspe:

du premier acte, Gloster menace A d;ins son large chapeau de cardi leur.)

re. Dans la scène III 'incliesler dclel.erner al. ÇIVolc dit Iradiic-

La Fran

.pl:

, — Un

dans rAnjou.

Arrivent CHARLES, LE DUC DE BOURGOGNE ALENÇON, LA PUCELLE et une portion Siii| Troupes Françaises.

CHARLES

Ces nouvelles, messieurs, sont bien faites poifrl relever nos courages abattus. On dit que les braves Parisiens se révoltent et reviennent au parti des Français.

ALENÇON

Cela étant, Charles de France, marchez sur Paris, et ne retenez point ici vos troupes dans l'inaction.

LA FUCELLE.

Que la paix soit avec eux, s'ils prennent parti pour nous; sinon, que leurs palais s'écroulent I

Arrive UN MESSAGER.

LE MESSAGER

Succès à notre vaillant général, et prospérité ses amisi

CHARLES

Quelles nouvelles donnent nos éclaircurs? Parli je te prie.

L'armée anglaise, qui s'était divisée en deu corps, n'en forme plus qu'un, et se prépare en < moment a vous livrer bataille.

CUARLES.

Cet avis nous prend un peu au dépourvu; ma nous allons nous préparer à les recevoir.

LE DUC DE bourgogne.

J'espère que l'ombre de Talbot n'est pas au mi lieu d'eux. Mai nlenant()u'il est mort, monseigneui vous n'avez plus rien à craindre.

LA l'UCELLE.

Do tous les scntiuicns vils, la peur est le plll"

HENRI VI

maudit; Charles, commande à la victoire, et la victoire est à loi, en dépit de Henri et de tout l'uoivers conjuré.

CHiRLES.

En avant, messieurs, et que la France soit victorieuse!

Ils s'éloignent.

Page 1