‹ Œuvres dramatiques. Traduction nouv. par Benjamin Laroche. Précédée d'une introduction sur le génie de ShakespeareChapitre 231 sur 633 · LE JEUNE CLIFFORD · texte numérisé non relu

LE JEUNE CLIFFORD

Honte et confusion! tout est en déroute; la peur crée le desordre, et le désordre frappe ceux qu'il faudrait défendre. 0 guerre, fille de l'enfer, dont le ciel fait l'instrument de sa colère allume dans les cœurs glacés de nos soldats le: feux de la vengeance 1 — Qu'aucun ne fuie. I.i véritable guerrier doit faire l'abnégation de soi être; celui qui s'aime lui-même n'est pas coura geux par essence; il ne l'est qu'accidentellement, (rApercevani le cadavre de son père. ) Oh! que

■ Ces mots sont en français dans le texte. (iV'o/f du liw dtictettr.

MAGASIN THEATRAL ETIVANGER.

ce \il monde prenne fin! que les flammes du dernier jour viennent avant le temps confondre le ciel et la terre embrasés! que la trompette universelle résonne et fasse taire tous les autres bruits I 0 père bien aimé , après avoir coulé en paix ta jeunesse, avoir atteint les cheveux blancs et la sagesse du vieillard, devais-tu donc, à l'âge du respect et du repos, périr sous le fer brutal des batailles I Ce spectacle endurcit mon cœur, et tant que je vivrai il restera de marbre. York n'épargne pas nos vieillards ; et moi, je n'épargnerai pas leurs enfans au berceau. Les larmes des jeunes vierges ne feront pas plus d'effet sur moi que la rosée sur le feu ; et la beauté, qui souvent désarme le tyran, ne fera que doubler la violence de mon courroux, comme l'huile et la cire jetées Bur la flamme. Je dis pour jamais adieu à la pitié. Qu'un enfant de la maison d'York s'offre à moi, je le couperai en autant de morceaux que Médée en fureur coupa le jeune Absyrle*. Je veux me rendre fameux par ma cruauté. ( RelevaiK le corps de S071 père, el le chargeant sur son (paule. ) Viens, nouveau débris de l'antique maison des Clilîord, viens, que je le porte sur mes mâles épaules, comme autrefois Énée le vieil Anchise. Mais la charge d'Énée était vivante et bien légère comparée à ce douloureux fardeau .

ils'éloisiit.

RICHARD PLANTAGENET vl OMEUSET arrivent en comlullanl. Somerset blessé à morl la tomber ù deux pas de l hôtellerie.

ItICHARD.

Toi, reste ici, auprès de cette chélive hôtellerie qui a pour enseigne le Château de Saint- ^;fcaîii, ainsi lu auras vérifié, par ta morl, la prédiction de la sorcière*'. — Que mon cpée garde sa trempe, et mou cœur sa colère : les prêtres prient pour leurs ennemis; mais les princes les tuent.

Il s'éloigne.

Bruit de trompettes . Escarmouches. Arricenl LE ROI HENRI et LA REINE MARGUERITE, avec QUELQUES TROUPES qui battent en retraite.

L* REINE MAllCUEr.lTE.

Fuyez, monseigneur! que vous éles leiill Au nom du ciel, fuye^ !

LE ROI UENIll

La fuite peut-elle nous «oustraire au courroux

' Médée en fuyant de Colclios avec Jason, égori;e.i son frère Absyrle, el coupa son corps par morceaux, <liu (|ue ce spectacle ralenlll pour rjiielque Icmps la pouriiiile de .un père. (A'c/ie Un t, ad,.iU-i,r.)

•• lllailalinsiona la proplielie ,1e Marf.iei ile .lourdain, acte l, scène tv. {Nule du l,:idinltvi )

du ciel? Ma chère Marguerite, arrèlons-nous ici.

LA HEINE MARGUERITE

De quelle nature êles-vous donc? Vous ne voulez ni combattre ni fuir. Il y a maintenant fer^ mêlé, sagesse et prudence à éviter l'ennemi; et puisque la fuile est le seul moyen de salut qui nous reste, ayons-y recours. ( Le bruit du combat s'tip. proche. ) Si vous êtes pris, notre fortune est h s«e; mais si nous échappons, comme nous le pouvons encore, si votre apathie n'y met obstacle, noai tâcherons de gagner Londres, où l'on vous aille encore, et où nous pourrons réparer promptemcBI le dommage fait à notre fortune.

Arrive LE JEUNE CLIFFORD.

LE JEUKI CLIFFORD.

Si je n'étais fermement résolu à lirer de noi désastres une prompte vengeance, je regarderais comme un blasphème de vous conseiller la fuite; mais il le faut, un découragement incurable ^ saisi le cœur de tous nos partisans. Fuyez; voU^ salut l'exige. Plus tard nos ennemis auront lei^ tour, et nous leur renverrons les désastres qu'ut nous infligent. '

Ilss•eloi^nenl.

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