SORBET
Je voudrais qu'elle le dépitât au point de lui décliirer la principale fibre de son cœur!
Eiilrenl LE FvOI, lisant un papier, et LOVELL.
SBFFOLK.
le roi, le roi!
LE ItOI B2MSI.
Quel amas de richesses il a accumulées à son profit particulier I Et quels flots de dépense son luicliiit couler ! Comment, et par quelle âpreté au gain, a t-il pu réunir une fortune pareille? — {Apercevant les lords.) Mylords, avez-vous vu le cardinal?
KORFOLK, montrant Wolsey.
Vnllà quelque temps que nous sommes occupés ici â l'observer. Son cerveau est en proie à quelque ciraiipc commotion ; il se mord les lèvres; on le voit lres>aillir ; il s'arrête brusquement, fixe les yeux en icrre, pose son doigt sur sa tempe ; puis toutà coup marche à pas précipités, s'arrête de nouveau, frappe sa poitrine à coups redoublés, puis lève les yeux au ciel : en un mot, nous l'avons vu prendre les postures les plus étranges.
LE ROI HENRI
Cela ne m'étonne pas; il y a du désordre dans ses idées. Ce matin, il m'a envoyé des papiers d'ctat que je lui avais demandés à lire; et savezvous ce que j'y ai trouvé, mêlé sans doute par inadvertance? Pas moins qu'un inventaire contenant un état détaillé de toutes les parties de son argenterie, de son trésor, des riches étoffes et anioubleracns de ses maisons; le tout porté à un id excès d'opulence, que cela dépasse de beaucoup les limites de la fortune d'un sujet.
NORFOLK
C'est l'œuvre du ciel; quelque esprit invisible aura glissé ce papier dans le paquet, afin qu'il utivii sgus Us jeiu de v^ue majcttc-
LE ROI HENRI
si je pouvais croire que sa pensée plane audessus des choses de la terre, et qu'elle est uniquement fixée sur les intérêts spirituels, je le laisserais poursuivre ses méditations; mais je crains que ses préoccupations n'aient pour objet le monde sublunaire, et qu'elles ne méritent pas de l'absorber aussi sérieusement.
Il s'assied et dit quelques mots à l'oreille de Lovell, (juî s'approche de Wolsey.
WOLSET.
Que le ciel me pardonne! — Que Dieu bénisse à jamais votre majesté!
LE ROI HENRI
Mylord, vous abondez eu célestes trésors; c'est dans votre esprit que vous portez l'inventaire de vos richesses les plus précieuses, et vous otiez en ce moment occupé à en faire la récapitulation : c'est à peine si vous pouvez dérober à vos loisirs spirituels quelques rapides instans pour vous occuper du règlement de vos comptes temporels. En cela je vous trouve un assez mauvais économe, et je vois avec plaisir que vous me ressemblez sur ce point.
WOISET.
Sire, je consacre une certaine portion de mon temps aux saints devoirs de mon ministère; une autre 4 l'accomplissement des fonctions que je remplis dans l'état; la nature, dans l'intérêt de sa conservation, réclame aussi ses heures; et moi, son enfant fragile, jesuis, toutcomme mes frères mortels, forcé de me prêter à ses besoins.
LE ftOI BENRI.
C'est fort bien dit.
WOLSEV.
Et puisse votre majesté, ainsi que j'espère lui en donner toujours l'occasion , ne jamais séparer dans sa pensée mon bien dire de mon bien faire t
LE ROI BENRI.
Voilà encore qui est on ne peut mieux dit; et c'est un acte louable que de bien dire, et pourtant les paroles ne sont pas des actes. Mon père vous aimait; il le disait, et ses actes ont à votre égard confirmé ses paroles. Depuis que je remplis mes fonctions royales , vous avez occupé la première place dans mon cœur: non seulement je vous ai confié des emplois dont vous pouviez retirer de grands profits; j'ai même pris sur ce que je possédais pour répandre sur vous mes bontés. WOLSEY, à part.
Où veut-il en venir?
SDRREY, â part.
Dieu veuille que la suite justifie ce début!
LE ROI HENRI
N'ai-je pas fait de vous le premier personnago de l'état? Dites-moi, je vous prie, si vous reconnaissez la vérité de ce que je vous dis en ce moment ; et si vous en convenez, dites si vuhï m'avez, oui ou non, des obliBaliuus. Que tefuuiti'
VUUli?
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